{"id":11354,"date":"2016-04-25T21:05:45","date_gmt":"2016-04-25T20:05:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tepaseul-magazine.fr\/?p=11354"},"modified":"2016-04-25T21:08:25","modified_gmt":"2016-04-25T20:08:25","slug":"portrait-mois-alfred-de-musset","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tepaseul-magazine.fr\/accueil\/portrait-mois-alfred-de-musset\/","title":{"rendered":"PORTRAIT DU MOIS : ALFRED DE MUSSET"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alfred de MUSSET 1810-1857<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A chacune des \u00e9tapes difficiles de la vie du po\u00e8te, intervient la pr\u00e9sence d\u2019une vision\u00a0: celle d\u2019un autre moi, un semblable qui est pr\u00e9sent mais qui ne dialogue pas. Il est question ici de l\u2019all\u00e9gorie de la Solitude, ce compagnon fid\u00e8le du quotidien de Musset, qui en a souffert lors de ses divagations post-alcoolis\u00e9es et ses longues nuits d\u2019errance. Pour Musset, l\u2019amour d\u00e9\u00e7oit et engendre l\u2019\u00e9tat de solitude. C\u2019est en rangeant les reliques d\u2019un amour pass\u00e9 que le po\u00e8te dans cette \u0153uvre est en proie \u00e0 une vive \u00e9motion face \u00e0 l\u2019\u00e9tat de Solitude.<\/p>\n<p>Cependant, pour ce po\u00e8te inspir\u00e9 de la seconde g\u00e9n\u00e9ration du romantisme, la solitude ne pr\u00e9sente pas qu\u2019un caract\u00e8re sombre\u00a0: \u00ab\u00a0je te suivrai sur le chemin\u00a0\u00bb signifie clairement que la solitude peut devenir une complice, une amie, une s\u0153ur. Une pr\u00e9cieuse alli\u00e9e qui nous accompagne \u00e0 chaque instant de notre vie.<\/p>\n<p>Musset a r\u00e9dig\u00e9 ce po\u00e8me une nuit \u00e0 Fontainebleau, alors qu\u2019il vivait une folle passion avec George Sand\u00a0; passion destructrice et d\u00e9vastatrice, leur liaison n\u2019aura dur\u00e9 que deux ans. En cherchant en l\u2019autre un autre lui-m\u00eame capable de combler ses carences, Musset est all\u00e9 de d\u00e9ceptions en d\u00e9ceptions. Tentant en vain de se construire gr\u00e2ce et au travers de l\u2019amour, il n\u2019a rencontr\u00e9 que frustrations et id\u00e9alisation d\u00e9\u00e7ue. Ayant un net penchant pour l\u2019alcool, et souffrant d\u2019une d\u00e9ficience cardiaque, le po\u00e8te mourra jeune (47 ans), d\u00e9\u00e7u par l\u2019amour dont il attendait tout et conscient pourtant d\u2019une r\u00e9alit\u00e9\u00a0: on na\u00eet seul et on meurt seul\u00a0; entre les deux, il faut apprendre \u00e0 apprivoiser sa solitude. Laquelle solitude peut \u00eatre un compagnon \u00e0 vie, rassurant, structurant et r\u00e9confortant, \u00e0 la seule condition qu\u2019on sache accepter sa pr\u00e9sence comme celle d\u2019un ami qui nous suit dans chacune des \u00e9tapes de notre vie et nous place face \u00e0 nous m\u00eame en toutes circonstances.<\/p>\n<p>Sans doute avons-nous l\u00e0 l\u2019enseignement d\u2019une grande le\u00e7on de vie fondamentale.<\/p>\n<p>Et si la Solitude devenait notre meilleure amie, plut\u00f4t que notre ennemie\u00a0? Si ses manifestations sont accentu\u00e9es durant les moments difficiles de notre vie, accepter sa pr\u00e9sence \u00e0 nos cot\u00e9s sans s\u2019en plaindre rel\u00e8ve d\u2019une riche strat\u00e9gie pour commencer \u00e0 en faire une alli\u00e9e\u00a0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Karine MICARD<\/strong><\/p>\n<p>LE PO\u00c8TE<\/p>\n<p>Du temps que j&rsquo;\u00e9tais \u00e9colier,<br \/>\nJe restais un soir \u00e0 veiller<br \/>\nDans notre salle solitaire.<br \/>\nDevant ma table vint s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn pauvre enfant v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Son visage \u00e9tait triste et beau :<br \/>\nA la lueur de mon flambeau,<br \/>\nDans mon livre ouvert il vint lire.<br \/>\nIl pencha son front sur sa main,<br \/>\nEt resta jusqu&rsquo;au lendemain,<br \/>\nPensif, avec un doux sourire.<\/p>\n<p>Comme j&rsquo;allais avoir quinze ans<br \/>\nJe marchais un jour, \u00e0 pas lents,<br \/>\nDans un bois, sur une bruy\u00e8re.<br \/>\nAu pied d&rsquo;un arbre vint s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn jeune homme v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Je lui demandai mon chemin ;<br \/>\nIl tenait un luth d&rsquo;une main,<br \/>\nDe l&rsquo;autre un bouquet d&rsquo;\u00e9glantine.<br \/>\nIl me fit un salut d&rsquo;ami,<br \/>\nEt, se d\u00e9tournant \u00e0 demi,<br \/>\nMe montra du doigt la colline.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 l&rsquo;on croit \u00e0 l&rsquo;amour,<br \/>\nJ&rsquo;\u00e9tais seul dans ma chambre un jour,<br \/>\nPleurant ma premi\u00e8re mis\u00e8re.<br \/>\nAu coin de mon feu vint s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn \u00e9tranger v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait morne et soucieux ;<br \/>\nD&rsquo;une main il montrait les cieux,<br \/>\nEt de l&rsquo;autre il tenait un glaive.<br \/>\nDe ma peine il semblait souffrir,<br \/>\nMais il ne poussa qu&rsquo;un soupir,<br \/>\nEt s&rsquo;\u00e9vanouit comme un r\u00eave.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 l&rsquo;on est libertin,<br \/>\nPour boire un toast en un festin,<br \/>\nUn jour je soulevais mon verre.<br \/>\nEn face de moi vint s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn convive v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Il secouait sous son manteau<br \/>\nUn haillon de pourpre en lambeau,<br \/>\nSur sa t\u00eate un myrte st\u00e9rile.<br \/>\nSon bras maigre cherchait le mien,<br \/>\nEt mon verre, en touchant le sien,<br \/>\nSe brisa dans ma main d\u00e9bile.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s, il \u00e9tait nuit ;<br \/>\nJ&rsquo;\u00e9tais \u00e0 genoux pr\u00e8s du lit<br \/>\nO\u00f9 venait de mourir mon p\u00e8re.<br \/>\nAu chevet du lit vint s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn orphelin v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Ses yeux \u00e9taient noy\u00e9s de pleurs ;<br \/>\nComme les anges de douleurs,<br \/>\nIl \u00e9tait couronn\u00e9 d&rsquo;\u00e9pine ;<br \/>\nSon luth \u00e0 terre \u00e9tait gisant,<br \/>\nSa pourpre de couleur de sang,<br \/>\nEt son glaive dans sa poitrine.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;en suis si bien souvenu,<br \/>\nQue je l&rsquo;ai toujours reconnu<br \/>\nA tous les instants de ma vie.<br \/>\nC&rsquo;est une \u00e9trange vision,<br \/>\nEt cependant, ange ou d\u00e9mon,<br \/>\nJ&rsquo;ai vu partout cette ombre amie.<\/p>\n<p>Lorsque plus tard, las de souffrir,<br \/>\nPour rena\u00eetre ou pour en finir,<br \/>\nJ&rsquo;ai voulu m&rsquo;exiler de France ;<br \/>\nLorsqu&rsquo;impatient de marcher,<br \/>\nJ&rsquo;ai voulu partir, et chercher<br \/>\nLes vestiges d&rsquo;une esp\u00e9rance ;<\/p>\n<p>A Pise, au pied de l&rsquo;Apennin ;<br \/>\nA Cologne, en face du Rhin ;<br \/>\nA Nice, au penchant des vall\u00e9es ;<br \/>\nA Florence, au fond des palais ;<br \/>\nA Brigues, dans les vieux chalets ;<br \/>\nAu sein des Alpes d\u00e9sol\u00e9es ;<\/p>\n<p>A G\u00eanes, sous les citronniers ;<br \/>\nA Vevey, sous les verts pommiers ;<br \/>\nAu Havre, devant l&rsquo;Atlantique ;<br \/>\nA Venise, \u00e0 l&rsquo;affreux Lido,<br \/>\nO\u00f9 vient sur l&rsquo;herbe d&rsquo;un tombeau<br \/>\nMourir la p\u00e2le Adriatique ;<\/p>\n<p>Partout o\u00f9, sous ces vastes cieux,<br \/>\nJ&rsquo;ai lass\u00e9 mon coeur et mes yeux,<br \/>\nSaignant d&rsquo;une \u00e9ternelle plaie ;<br \/>\nPartout o\u00f9 le boiteux Ennui,<br \/>\nTra\u00eenant ma fatigue apr\u00e8s lui,<br \/>\nM&rsquo;a promen\u00e9 sur une claie ;<\/p>\n<p>Partout o\u00f9, sans cesse alt\u00e9r\u00e9<br \/>\nDe la soif d&rsquo;un monde ignor\u00e9,<br \/>\nJ&rsquo;ai suivi l&rsquo;ombre de mes songes ;<br \/>\nPartout o\u00f9, sans avoir v\u00e9cu,<br \/>\nJ&rsquo;ai revu ce que j&rsquo;avais vu,<br \/>\nLa face humaine et ses mensonges ;<\/p>\n<p>Partout o\u00f9, le long des chemins,<br \/>\nJ&rsquo;ai pos\u00e9 mon front dans mes mains,<br \/>\nEt sanglot\u00e9 comme une femme ;<br \/>\nPartout o\u00f9 j&rsquo;ai, comme un mouton,<br \/>\nQui laisse sa laine au buisson,<br \/>\nSenti se d\u00e9nuder mon \u00e2me ;<\/p>\n<p>Partout o\u00f9 j&rsquo;ai voulu dormir,<br \/>\nPartout o\u00f9 j&rsquo;ai voulu mourir,<br \/>\nPartout o\u00f9 j&rsquo;ai touch\u00e9 la terre,<br \/>\nSur ma route est venu s&rsquo;asseoir<br \/>\nUn malheureux v\u00eatu de noir,<br \/>\nQui me ressemblait comme un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Qui donc es-tu, toi que dans cette vie<br \/>\nJe vois toujours sur mon chemin ?<br \/>\nJe ne puis croire, \u00e0 ta m\u00e9lancolie,<br \/>\nQue tu sois mon mauvais Destin.<br \/>\nTon doux sourire a trop de patience,<br \/>\nTes larmes ont trop de piti\u00e9.<br \/>\nEn te voyant, j&rsquo;aime la Providence.<br \/>\nTa douleur m\u00eame est soeur de ma souffrance ;<br \/>\nElle ressemble \u00e0 l&rsquo;Amiti\u00e9.<\/p>\n<p>Qui donc es-tu ? &#8211; Tu n&rsquo;es pas mon bon ange,<br \/>\nJamais tu ne viens m&rsquo;avertir.<br \/>\nTu vois mes maux (c&rsquo;est une chose \u00e9trange !)<br \/>\nEt tu me regardes souffrir.<br \/>\nDepuis vingt ans tu marches dans ma voie,<br \/>\nEt je ne saurais t&rsquo;appeler.<br \/>\nQui donc es-tu, si c&rsquo;est Dieu qui t&rsquo;envoie ?<br \/>\nTu me souris sans partager ma joie,<br \/>\nTu me plains sans me consoler !<\/p>\n<p>Ce soir encor je t&rsquo;ai vu m&rsquo;appara\u00eetre.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait par une triste nuit.<br \/>\nL&rsquo;aile des vents battait \u00e0 ma fen\u00eatre ;<br \/>\nJ&rsquo;\u00e9tais seul, courb\u00e9 sur mon lit.<br \/>\nJ&rsquo;y regardais une place ch\u00e9rie,<br \/>\nTi\u00e8de encor d&rsquo;un baiser br\u00fblant ;<br \/>\nEt je songeais comme la femme oublie,<br \/>\nEt je sentais un lambeau de ma vie<br \/>\nQui se d\u00e9chirait lentement.<\/p>\n<p>Je rassemblais des lettres de la veille,<br \/>\nDes cheveux, des d\u00e9bris d&rsquo;amour.<br \/>\nTout ce pass\u00e9 me criait \u00e0 l&rsquo;oreille<br \/>\nSes \u00e9ternels serments d&rsquo;un jour.<br \/>\nJe contemplais ces reliques sacr\u00e9es,<br \/>\nQui me faisaient trembler la main :<br \/>\nLarmes du coeur par le coeur d\u00e9vor\u00e9es,<br \/>\nEt que les yeux qui les avaient pleur\u00e9es<br \/>\nNe reconna\u00eetront plus demain !<\/p>\n<p>J&rsquo;enveloppais dans un morceau de bure<br \/>\nCes ruines des jours heureux.<br \/>\nJe me disais qu&rsquo;ici-bas ce qui dure,<br \/>\nC&rsquo;est une m\u00e8che de cheveux.<br \/>\nComme un plongeur dans une mer profonde,<br \/>\nJe me perdais dans tant d&rsquo;oubli.<br \/>\nDe tous c\u00f4t\u00e9s j&rsquo;y retournais la sonde,<br \/>\nEt je pleurais, seul, loin des yeux du monde,<br \/>\nMon pauvre amour enseveli.<\/p>\n<p>J&rsquo;allais poser le sceau de cire noire<br \/>\nSur ce fragile et cher tr\u00e9sor.<br \/>\nJ&rsquo;allais le rendre, et, n&rsquo;y pouvant pas croire,<br \/>\nEn pleurant j&rsquo;en doutais encor.<br \/>\nAh ! faible femme, orgueilleuse insens\u00e9e,<br \/>\nMalgr\u00e9 toi, tu t&rsquo;en souviendras !<br \/>\nPourquoi, grand Dieu ! mentir \u00e0 sa pens\u00e9e ?<br \/>\nPourquoi ces pleurs, cette gorge oppress\u00e9e,<br \/>\nCes sanglots, si tu n&rsquo;aimais pas ?<\/p>\n<p>Oui, tu languis, tu souffres, et tu pleures ;<br \/>\nMais ta chim\u00e8re est entre nous.<br \/>\nEh bien ! adieu ! Vous compterez les heures<br \/>\nQui me s\u00e9pareront de vous.<br \/>\nPartez, partez, et dans ce coeur de glace<br \/>\nEmportez l&rsquo;orgueil satisfait.<br \/>\nJe sens encor le mien jeune et vivace,<br \/>\nEt bien des maux pourront y trouver place<br \/>\nSur le mal que vous m&rsquo;avez fait.<\/p>\n<p>Partez, partez ! la Nature immortelle<br \/>\nN&rsquo;a pas tout voulu vous donner.<br \/>\nAh ! pauvre enfant, qui voulez \u00eatre belle,<br \/>\nEt ne savez pas pardonner !<br \/>\nAllez, allez, suivez la destin\u00e9e ;<br \/>\nQui vous perd n&rsquo;a pas tout perdu.<br \/>\nJetez au vent notre amour consum\u00e9e ; &#8211;<br \/>\nEternel Dieu ! toi que j&rsquo;ai tant aim\u00e9e,<br \/>\nSi tu pars, pourquoi m&rsquo;aimes-tu ?<\/p>\n<p>Mais tout \u00e0 coup j&rsquo;ai vu dans la nuit sombre<br \/>\nUne forme glisser sans bruit.<br \/>\nSur mon rideau j&rsquo;ai vu passer une ombre ;<br \/>\nElle vient s&rsquo;asseoir sur mon lit.<br \/>\nQui donc es-tu, morne et p\u00e2le visage,<br \/>\nSombre portrait v\u00eatu de noir ?<br \/>\nQue me veux-tu, triste oiseau de passage ?<br \/>\nEst-ce un vain r\u00eave ? est-ce ma propre image<br \/>\nQue j&rsquo;aper\u00e7ois dans ce miroir ?<\/p>\n<p>Qui donc es-tu, spectre de ma jeunesse,<br \/>\nP\u00e8lerin que rien n&rsquo;a lass\u00e9 ?<br \/>\nDis-moi pourquoi je te trouve sans cesse<br \/>\nAssis dans l&rsquo;ombre o\u00f9 j&rsquo;ai pass\u00e9.<br \/>\nQui donc es-tu, visiteur solitaire,<br \/>\nH\u00f4te assidu de mes douleurs ?<br \/>\nQu&rsquo;as-tu donc fait pour me suivre sur terre ?<br \/>\nQui donc es-tu, qui donc es-tu, mon fr\u00e8re,<br \/>\nQui n&rsquo;apparais qu&rsquo;au jour des pleurs ?<\/p>\n<p>LA VISION<\/p>\n<p>&#8211; Ami, notre p\u00e8re est le tien.<br \/>\nJe ne suis ni l&rsquo;ange gardien,<br \/>\nNi le mauvais destin des hommes.<br \/>\nCeux que j&rsquo;aime, je ne sais pas<br \/>\nDe quel c\u00f4t\u00e9 s&rsquo;en vont leurs pas<br \/>\nSur ce peu de fange o\u00f9 nous sommes.<\/p>\n<p>Je ne suis ni dieu ni d\u00e9mon,<br \/>\nEt tu m&rsquo;as nomm\u00e9 par mon nom<br \/>\nQuand tu m&rsquo;as appel\u00e9 ton fr\u00e8re ;<br \/>\nO\u00f9 tu vas, j&rsquo;y serai toujours,<br \/>\nJusques au dernier de tes jours,<br \/>\nO\u00f9 j&rsquo;irai m&rsquo;asseoir sur ta pierre.<\/p>\n<p>Le ciel m&rsquo;a confi\u00e9 ton coeur.<br \/>\nQuand tu seras dans la douleur,<br \/>\nViens \u00e0 moi sans inqui\u00e9tude.<br \/>\nJe te suivrai sur le chemin ;<br \/>\nMais je ne puis toucher ta main,<br \/>\nAmi, je suis la Solitude.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alfred de MUSSET 1810-1857 &nbsp; A chacune des \u00e9tapes difficiles de la vie du po\u00e8te, intervient la pr\u00e9sence d\u2019une vision\u00a0: celle d\u2019un autre moi, un semblable qui est pr\u00e9sent mais qui ne dialogue pas. 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