{"id":13605,"date":"2021-10-06T10:53:14","date_gmt":"2021-10-06T09:53:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tepaseul-magazine.fr\/accueil\/?p=13605"},"modified":"2021-10-06T10:53:17","modified_gmt":"2021-10-06T09:53:17","slug":"portrait-du-mois-vincent-van-gogh-et-la-solitude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tepaseul-magazine.fr\/accueil\/portrait-du-mois-vincent-van-gogh-et-la-solitude\/","title":{"rendered":"PORTRAIT DU MOIS : VINCENT VAN GOGH ET LA SOLITUDE"},"content":{"rendered":"\n<p>Vincent VAN GOGH<br>\nart et mysticismeFils d&rsquo;un pasteur n\u00e9erlandais, neveu de son homonyme Vincent Van Gogh qui co-dirigeait la firme de n\u00e9goce d&rsquo;art international Goupil &amp; Cie \u00e0 La Haye, Vincent, comme son fr\u00e8re Th\u00e9o, commen\u00e7a par suivre la tradition familiale en juillet 1869 en entrant en apprentissage chez Goupil &amp; Cie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il devait y rester plus de 5 ans, \u00e0 La Haye, puis dans les filiales, \u00e0 Bruxelles, Londres (juin 1873 \u00e0 mai 1875), Paris (jusqu&rsquo;\u00e0 fin 1875), o\u00f9 il commenca \u00e0 d\u00e9velopper un d\u00e9go\u00fbt pour le commerce de l&rsquo;art. Il se mit alors \u00e0 mener une vie de reclus et \u00e0 lire intens\u00e9ment la Bible.<br>\nIl quitte son emploi et retourne chez ses parents \u00e0 Etten en 1876, avant de retourner en Angleterre comme professeur dans un internat, puis pr\u00e9dicateur.<br>\nL&rsquo;ann\u00e9e suivante, il commence des \u00e9tudes de th\u00e9ologie \u00e0 Amsterdam, qu&rsquo;il abandonne un an apr\u00e8s, avant de partir pour le Borinage, en Belgique, comme pr\u00e9dicateur et \u00e9vang\u00e9liste aupr\u00e8s des mineurs de charbon de cette r\u00e9gion d\u00e9sol\u00e9e.<br>\nSon temp\u00e9rament fougueux et ses opinions politiques et sociales avanc\u00e9es le font se heurter aux autorit\u00e9s de l&rsquo;Eglise et Vincent abandonne sa vocation. <br>\n\u2028Autoportrait\u20281887\u2028\u2028Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay, Paris\u2028    p\u2028o\u2028u\u2028r\u2028\u2028l\u2028e\u2028s<br>\na\u2028g\u2028r\u2028a\u2028n\u2028d\u2028i\u2028r<\/p>\n\n\n\n<p>VAN GOGH L\u2019AUTODIDACTE<br>\nLA SOLITUDE D\u2019UN ARTISTE DANS SA MALADIE<br>\nVAN GOGH est un artiste qui a vraiment connu la solitude. Solitude de par sa vie, de par sa maladie, de par son \u00e9loignement de ses racines <br>\nSon incapacit\u00e9 \u00e0 se fixer quelque part et son agitation perp\u00e9tuelle ne faisaient qu&#8217;empirer. Finalement, le conseil de famille d\u00e9cide que Vincent devait essayer de devenir pr\u00e9dicateur la\u00efque. Il obtient ainsi en 1879 une mission \u00e9vang\u00e9liste dans le bassin minier du Borinage, en Belgique. Le contact avec la mis\u00e8re humaine le m\u00e9tamorphose, un esprit \u00e9clair\u00e9, sans illusions, s&rsquo;annonce et en lui na\u00eet l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;exalter la condition des plus humbles \u00e0 travers une cr\u00e9ation artistique. C&rsquo;est seulement en ao\u00fbt 1880 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 27 ans, que Vincent d\u00e9cida de devenir peintre.<br>\nApr\u00e8s plusieurs mois de silence, Van Gogh reprend contact avec son fr\u00e8re. En juillet 1880, il lui envoie du Borinage une lettre qui marque le d\u00e9but d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;auto-analyses lucides. Il se distancie de plus en plus de ses activit\u00e9s au service des autres.   <br>\nEn comprenant les messages de la foi de fa\u00e7on plus abstraite, en les \u00e9levant au niveau de conceptions g\u00e9n\u00e9rales du monde, un nouvel acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;art s&rsquo;ouvrait \u00e0 lui. Le terme cl\u00e9 de son naturel artistique appara\u00eet dans le terme \u00ab\u00a0m\u00e9lancolie active\u00a0\u00bb. En se consacrant \u00e0 la peinture, Van Gogh ne d\u00e9sirait pas seulement agir pour les hommes mais voulait que son intervention soit reconnue. Car jusqu&rsquo;alors, il \u00e9tait un \u00a0\u00bb inactif contre son gr\u00e9 ; un tel homme ne sait parfois pas lui-m\u00eame ce qu&rsquo;il serait capable de faire, mais il le sent d&rsquo;instinct : je suis tout de m\u00eame bon \u00e0 quelque chose, je peux justifier mon existence !\u00a0\u00bb.  <br>\nEn octobre 1880, Van Gogh se rend \u00e0 Bruxelles pour entamer une formation artistique assez d\u00e9sordonn\u00e9e. Il reprend rapidement des \u00e9tudes autodidactes rempla\u00e7ant ainsi la formation acad\u00e9mique. Il  s&rsquo;entra\u00eene tout d&rsquo;abord en copiant divers peintres puis il se lance dans la production de nombreux dessins et peintures d\u00e9crivant des sc\u00e8nes de la vie paysannes, comme les Mangeurs de pommes de terre ( Avril-Mai 1885, huile sur toile, 81,5&#215;114,5 cm, Amsterdam, Mus\u00e9e Van Gogh ).   <br>\nIl rejoint son fr\u00e8re Th\u00e9o, employ\u00e9 \u00e0 la galerie Goupil, dans un Paris en pleine effervescence artistique. Pendant deux ans, sa soif d&rsquo;apprendre le conduit dans tous les mus\u00e9es et expositions. Il rencontre de jeunes artistes comme Pissaro et Gauguin et s&rsquo;inspire d&rsquo;un nouveau mouvement : le n\u00e9o-impressionnisme dont la technique picturale est bas\u00e9e sur le pointillisme ( ou divisionnisme ). <br>\nhttp:\/\/vincentvangogh.com<br>\n Vincent n&rsquo;ayant pas de moyens d&rsquo;existence, c&rsquo;est son fr\u00e8re Th\u00e9o, qui travaille \u00e0 la filiale parisienne de Goupil, qui le prend en charge comme il devait le faire r\u00e9guli\u00e8rement tout au long de la vie de Vincent.<br>\nVincent Van Gogh est un peintre largement autodidacte. Il commence par copier des dessins, particuli\u00e8rement des sc\u00e8nes de la vie paysanne de Jean-Fran\u00e7ois MILLET, auquel il voue une estime quasi religieuse.<br>\nAyant envisag\u00e9 de rentrer \u00e0 l&rsquo;Ecole des Beaux-Arts de Bruxelles, il y passe l&rsquo;hiver 1881, mais travaille de fa\u00e7on ind\u00e9pendante et quelquefois avec le peintre hollandais Anton Van Rappard jusqu&rsquo;en avril.\u2028<br>\nDe retour chez ses parents \u00e0 Etten, il les quitte apr\u00e8s une dispute avec son p\u00e8re, \u00e0 No\u00ebl, pour aller \u00e9tudier \u00e0 La Haye aupr\u00e8s de son cousin par alliance, le c\u00e9l\u00e8bre peintre Anton MAUVE. Celui-ci lui donnera des cours de dessin, et dirigera ses premi\u00e8res peintures qui datent de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1882.<br>\nMauve et ses amis se d\u00e9tourn\u00e8rent de Vincent lorsqu&rsquo;il voulut se mettre en m\u00e9nage puis \u00e9pouser une m\u00e8re c\u00e9libataire, Sien Hoornik, qu&rsquo;il avait engag\u00e9e comme mod\u00e8le. Il ne put d\u00e8s lors compter que sur l&rsquo;aide mat\u00e9rielle et morale de son fr\u00e8re Th\u00e9o, et, apr\u00e8s un bref s\u00e9jour \u00e0 Drenthe en septembre 1883, la solitude le pousse \u00e0 retourner en d\u00e9cembre 1883 chez ses parents, d\u00e9sormais install\u00e9s \u00e0 Nuenen (dans le Brabant, pr\u00e8s d&rsquo;Eindhoven), deux ans apr\u00e8s les avoir quitt\u00e9s.<br>\nwww.impressionniste.net\/vangogh.htm<br>\nEn f\u00e9vrier 1888, il part \u00e0 Arles. En Provence, tout l&rsquo;\u00e9merveille, le soleil, les vergers en fleurs, les belles arl\u00e9siennes. Il travaille beaucoup, avec l&rsquo;aide financi\u00e8re de Th\u00e9o, qui lui envoie des tubes de peintures et des toiles. Chaque matin, il quitte son logis, lourdement charg\u00e9 et circule inlassablement dans la r\u00e9gion, \u00e0 la recherche de motifs et produit un chef d&rsquo;\u0153uvre apr\u00e8s l&rsquo;autre. \u00a0\u00bb C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9motion, la sinc\u00e9rit\u00e9 du sentiment naturel qui guide notre main, et lorsque cette \u00e9motion est parfois si forte que l&rsquo;on travaille sans remarquer que l&rsquo;on travaille, lorsque, quelquefois, les coups de pinceau viennent et s&rsquo;encha\u00eenent, comme les mots dans une conversation ou dans une lettre, il ne faut pas oublier qu&rsquo;il n&rsquo;en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi et qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir aussi, il y aura beaucoup de jours d\u00e9courageants sans la moindre inspiration.\u00a0\u00bb Ces phrases extraites de la lettre 504 semblent proph\u00e9tiques vu l&rsquo;effondrement qui se produira \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e.   <br>\nSon ami Gauguin le rejoint. Il peint Vincent en plein travail sur un des tableaux de la s\u00e9rie Les Tournesols. En d\u00e9pit de leur amiti\u00e9, les disputes incessantes aboutissent, le 23 d\u00e9cembre \u00e0 la crise de Vincent qui menace son ami avec un rasoir \u00e0 main. Il finit par se trancher une oreille qu&rsquo;il met dans une enveloppe avant de l&rsquo;offrir \u00e0 une prostitu\u00e9e. Il est \u00e9vident que l&rsquo;arriv\u00e9e de Gauguin \u00e0 Arles a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;effondrement psychologique de Van Gogh. Deux personnalit\u00e9s se sont heurt\u00e9es et se sont livr\u00e9es des combats tr\u00e8s rudes. A travers Gauguin, son g\u00e9nie artistique est plus que remis en question. Il \u0153uvre jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;an\u00e9antissement psychique et physique. Victime de d\u00e9lires parano\u00efaques, il est sujet \u00e0 de violentes  crises. Une requ\u00eate des habitants d&rsquo;Arles parvient aux autorit\u00e9s, leur demandant d&rsquo;interner Vincent parce qu&rsquo;il constitue un \u00ab\u00a0danger pour la communaut\u00e9\u00a0\u00bb.   <br>\nA la fin du mois de f\u00e9vrier, Van Gogh est intern\u00e9. Pleinement conscient, il se voit enferm\u00e9 ; on ne lui accorde ni livres, ni peinture, ni m\u00eame sa pipe. En mai 1990, il entre de son plein gr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique de Saint-R\u00e9my-de-Provence.<br>\n VAN GOGH qui \u00e9tait atteint de crises que l\u2019on nommerait aujourd\u2019hui \u00ab  maniaco-d\u00e9pressives \u00bb, devint de plus en plus malade. Son s\u00e9jour l\u00e0 bas n\u2019\u00e9tait pas facile pour lui.  Entre deux crises, il sentit fortement la solitude. Cependant, les olives et le soleil lui permirent de tenir. <br>\nIl avait, auparavant, ressenti une grande solitude lors de la \u00ab  tentative* de suicide de sa voisine Margot, de dix ans son a\u00een\u00e9e et contrari\u00e9e dans son amour pour lui, Vincent y allait de son commentaire: \u00abTu comprends bien que j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 tout, ces jours derniers, et que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 obs\u00e9d\u00e9 par cette histoire malencontreuse. Apr\u00e8s avoir essay\u00e9 de se supprimer sans y r\u00e9ussir, elle aura sans doute si peur qu\u2019elle ne recommencera pas de sit\u00f4t: un suicide manqu\u00e9 est le meilleur rem\u00e8de contre le d\u00e9sir de se suicider\u00bb (lettre \u00e0 Th\u00e9o, septembre 1884, dans ibid., II, p. 422). Apr\u00e8s sa crise \u00e0 Arles, il confie \u00e0 sa s\u0153ur Wil: \u00abJe consid\u00e8re le tout plut\u00f4t comme un accident. Sans doute il y a gravement de ma faute et j\u2019ai parfois des m\u00e9lancolies (sic) des remords atroces mais vois-tu, quand cela va me d\u00e9courager tout \u00e0 fait et me ficher le spleen, je ne me g\u00eane pas pr\u00e9cis\u00e9ment pour dire que le remords et la faute c\u2019est possiblement aussi des microbes ainsi que l\u2019amour. Je prends tous les jours le rem\u00e8de que l\u2019incomparable Dickens prescrit contre le suicide. Cela consiste en un verre de vin, un morceau de pain et du fromage et une pipe de tabac. [\u2026] Enfin c\u2019est pas toujours dr\u00f4le, mais je cherche \u00e0 \u00e9viter tout ce qui aurait des rapports avec l\u2019h\u00e9ro\u00efsme* et le martyre<em>, enfin je cherche \u00e0 ne pas prendre lugubrement des choses lugubres (30 avril, 1889, dans ibid., IV, p. 167). \u00c0 Saint-R\u00e9my, il cherche \u00e0 gu\u00e9rir \u00abcomme quelqu\u2019un qui aurait voulu se suicider [et qui] trouvant l\u2019eau trop froide \u00e0 chercher \u00e0 rattraper le bord\u00bb (lettre \u00e0 Th\u00e9o, 10 septembre 1889, dans ibid., p. 455). Vincent a attent\u00e9 \u00e0 sa propre vie dans un de ses moments de d\u00e9pression. Pris dans l\u2019engrenage du travail<\/em> et des fatigues intenses, de l\u2019agressivit\u00e9 et de la culpabilit\u00e9<em>, de la qu\u00eate de relations amicales et de la fuite<\/em> dans l\u2019isolement, d\u2019une autodiscipline aust\u00e8re et d\u2019un mode de vie irr\u00e9gulier, il n\u2019a pas pu porter plus longtemps l\u2019exacerbation d\u2019une existence effr\u00e9n\u00e9e. http \/\/.agora.qc.ca\/thematiques\/mort.nsf\/Dossiers\/Vincent_Van_Gogh<br>\nDans l&rsquo;atmosph\u00e8re oppressante et m\u00e9lancolique des vieux murs, le peintre se concentre enti\u00e8rement sur son soi-m\u00eame et les forces psychiques qui l&rsquo;envo\u00fbtent. Elles agissent sur lui dans la mesure o\u00f9 il peut s&rsquo;en rendre ma\u00eetre dans ses tableaux. Van Gogh contemple son univers int\u00e9rieur, il ne conna\u00eet ni diversions, ni contacts humains et il a naturellement renonc\u00e9 \u00e0 ses anciens \u00ab\u00a0poisons\u00a0\u00bb. Son assiduit\u00e9 au chevalet n&rsquo;a sans doute jamais \u00e9t\u00e9 aussi grande que pendant son s\u00e9jour \u00e0 Saint-R\u00e9my. Van Gogh est devenu lui-m\u00eame sa propre l\u00e9gende artistique. Il offre une nouvelle interpr\u00e9tation de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;art et de la vie. L&rsquo;artiste et l&rsquo;homme ne se retrouvent que dans la folie, lib\u00e9r\u00e9s des petits conflits quotidiens.<br>\nwww.blue.fr\/vangogh\/vie.htm<br>\nVoici quelques extraits de ses lettres qu\u2019il adressa lors d\u2019une correspondance suivie avec son fr\u00e8re :<br>\nL\u2019asile, c\u2019\u00e9tait simplement ce qu\u2019il avait dit d\u00e9j\u00e0, une sorte d\u2019h\u00f4tel d\u00e9testable o\u00f9 l\u2019on paye une chambre et une pension ; &#8212; et, fort de cela, nettement, Vincent \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re qu\u2019il veut quitter cette maison de sant\u00e9, o\u00f9 il deviendra tout \u00e0 fait fou si on l\u2019y abandonne. Il est certain, du reste, que le changement comme toujours lui fera du bien ! \u2026 et, puisque Th\u00e9o lui a parl\u00e9 longuement des peintres install\u00e9es \u00e0 Pontoise et \u00e0 Auvers, entre autres de Pissarro et de Vignon, pourquoi n\u2019irait-il pas en pension chez l\u2019un d\u2019eux ? \u00ab Mieux vaut, dit-il, que l\u2019argent aille pour nourrir des peintres qu\u2019\u00e0 les excellentes s\u0153urs. \u00bb Enfin, lui-m\u00eame a eu souvent cette id\u00e9e-l\u00e0. A pr\u00e9sent, \u00ab il a horreur de toutes les exag\u00e9rations religieuses \u00bb ; et, alors, il ne pense qu\u2019\u00e0 la tournure que prend sa maladie mentale :<br>\n\u00ab J\u2019ai des crises, dit-il, comme en aurait un superstitieux et qu\u2019il me vient des id\u00e9es religieuses embrouill\u00e9es et atroces telles que jamais je n\u2019en ai eu dans ma t\u00eate dans le Nord. \u00bb<br>\nTh\u00e9o est pr\u00eat \u00e0 vouloir ce que veut son fr\u00e8re. Aussi bien, toujours alarm\u00e9, il s\u2019attendait depuis longtemps \u00e0 un changement de pays qu\u2019exigerait Vincent. Et au bon Pissarro il a d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 un conseil ; et, Pissarro, tout de suite, lui a parl\u00e9 du docteur Gachet, son ami, qui habite \u00e0 Auvers, pr\u00e8s de Pontoise. Si Vincent veut revenir autour de Paris, nulle chose n\u2019est pr\u00e9f\u00e9rable. Le docteur Gachet ne prendra certainement point Vincent en pension ; mais il le surveillera, il vivra tout de m\u00eame en quelque sorte avec lui.<br>\nMais les crises le reprenant, Vincent Van Gogh songeait de plus en plus \u00e0 Auvers. Il \u00e9crivit \u00e0 son fr\u00e8re : \u00ab Oui il faudra en finir ici, je ne peux plus faire les deux choses \u00e0 la fois, travailler et me donner mille peines pour vivre avec les dr\u00f4les de malades d\u2019ici &#8212; \u00e7a d\u00e9traque.<br>\n\u00ab Oui il faudra en finir ici, je ne peux plus faire les deux choses \u00e0 la fois, travailler et me donner mille peines pour vivre avec les dr\u00f4les de malades d\u2019ici &#8212; \u00e7a d\u00e9traque.\u2028\u00ab En vain je voudrais m\u2019efforcer de descendre. Et voil\u00e0 pourtant pr\u00e8s de deux mois que je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 en plein air.<br>\n\u00ab A la longue ici je perdrais la facult\u00e9 de travailler, or l\u00e0 commence mon halte-l\u00e0 et je les envoie alors &#8212; si tu es d\u2019accord &#8212; promener. \u00bb<br>\nAussi il eut un vif espoir quand son d\u00e9part pour Auvers fut d\u00e9cid\u00e9. Mais il se f\u00e2cha en apprenant que son fr\u00e8re voulait le faire accompagner jusqu\u2019\u00e0 Paris.<br>\nAlors Th\u00e9o y renon\u00e7a ; et il lui \u00e9crivit qu\u2019il l\u2019attendrait \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du train, \u00e0 la gare de Lyon.\u2028Th\u00e9o, mari\u00e9, et ayant un enfant, s\u2019\u00e9tait install\u00e9 dans un appartement plus confortable, 8, cit\u00e9 Pigalle.<br>\nLarge et courte impasse comme de province, ouverte dans la rue Pigalle. Des maisons calmes, des jardins et d\u2019amples arbres noirs dont les branches recueillent les oiseaux du quartier.<br>\nVincent revint du Midi le 17 mai 1890.<br>\nIci, je vais laisser Mme Johanna Van-Gogh-Bonger raconter elle-m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e de Vincent et son court s\u00e9jour \u00e0 Paris. Elle a v\u00e9cu ardemment tous ces instants-l\u00e0 ; car elle n\u2019avait pas encore vu Vincent. Mais depuis la premi\u00e8re heure de ses fian\u00e7ailles avec Th\u00e9o, pas un jour il n\u2019avait cess\u00e9 de lui parler de son fr\u00e8re.<br>\n&#8212; Un t\u00e9l\u00e9gramme de Tarascon, dit Mme J. Van Gogh-Bonger, nous avertit tout d\u2019abord que Vincent voyageait la nuit et qu\u2019il arriverait le matin vers 10 heures. Th\u00e9o ne dormit pas de la nuit, dans la peur qu\u2019il n\u2019arriv\u00e2t quelque chose \u00e0 Vincent qui venait \u00e0 peine de se relever d\u2019une nouvelle crise. Combien nous f\u00fbmes heureux lorsque vint l\u2019heure pour Th\u00e9o d\u2019aller \u00e0 la rencontre de son fr\u00e8re ! La distance de la cit\u00e9 Pigalle \u00e0 la gare de Lyon est assez grande ! &#8212; ils rest\u00e8rent bien longtemps en route et je commen\u00e7ais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 trembler, lorsque je vis enfin une voiture d\u00e9couverte entrer dans la cit\u00e9 Pigalle. Deux visages souriants me firent signe et deux mains s\u2019agit\u00e8rent ; et, un instant apr\u00e8s, Vincent \u00e9tait pr\u00e8s de moi.<br>\n\u00ab J\u2019avais pens\u00e9 voir un malade ; et, devant moi, se trouvait un homme solide, large d\u2019\u00e9paules, qui avait de saines couleurs, une expression de visage joyeux, et, dans tout son \u00eatre, quelque chose de ferme. Le portrait fait par lui-m\u00eame rend la plus fid\u00e8le expression de son physique en ce temps-l\u00e0. Apparemment un changement subit et curieux s\u2019\u00e9tait produit dans son \u00e9tat, comme d\u00e9j\u00e0 le pasteur Salles l\u2019avait remarqu\u00e9 \u00e0 Arles, \u00e0 son vif \u00e9tonnement.<br>\n\u00ab Il est tout \u00e0 fait en bonne sant\u00e9 ; il para\u00eet plus solide que Th\u00e9o \u00bb, fut ma premi\u00e8re pens\u00e9e. Th\u00e9o alla lui dans la chambre \u00e0 coucher o\u00f9 se trouvait le petit berceau. Silencieux, les larmes dans les yeux, les fr\u00e8res regard\u00e8rent l\u2019enfant endormi. Alors Vincent se tourna en riant vers moi, et dit en me montrant la simple couverture du berceau :<br>\n\u00ab Ma petite s\u0153ur, tu ne dois pas le mettre ainsi dans des dentelles \u00bb.<br>\n\u00ab Il resta trois jours avec nous, et fut pendant tout ce temps gai et tranquille &#8212; il ne fut pas question de Saint-R\u00e9my. Il sortit pour aller chercher des olives qu\u2019il \u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 manger tous les jours, et me pria absolument d\u2019un go\u00fbter une fois. Ce premier matin, il se trouva de tr\u00e8s bonne heure, en bras de chemise, en contemplation devant ses tableaux, dont les murs de l\u2019appartement \u00e9taient couverts. Dans la chambre \u00e0 coucher, \u00e9taient les Jardins fleuris, dans la salle \u00e0 manger, au-dessus de la chemin\u00e9e, Les mangeurs de pommes de terre, et, dans la petite chambre que nous nommions salon se trouvait le Grand paysage d\u2019Arles avec la vue sur le Rh\u00f4ne.<br>\n\u00ab Mais, au grand d\u00e9sespoir de la femme de m\u00e9nage, il y avait encore des peintures partout, sous le lit, sous le canap\u00e9, sous les armoires et dans la chambre d\u2019ami, elles furent toutes \u00e9tendues \u00e0 terre et contempl\u00e9es avec recueillement. Il vint beaucoup de visites, et Vincent sentit bient\u00f4t que le trouble de Paris ne lui allait pas. Comme il d\u00e9sirait aussi reprendre le travail, il partit le 21 mai, pour Auvers, avec des recommandations aupr\u00e8s du Docteur Gachet.<br>\n\u00ab Nous lui avions promis de le visiter bient\u00f4t, comme il devait lui-m\u00eame revenir aupr\u00e8s de nous dans quelques semaines pour faire nos portraits. \u00bb<br>\n www.van-gogh.fr\/la-maladie-mentale-de-van-gogh-4.php<br>\nEt la perspective s\u2019assombrit, \u00ab je ne vois pas l\u2019avenir heureux du tout \u00ab (lettre \u00e0 Th\u00e9o et Jo, juillet 1890, dans ibid., III, p. 535). L\u2019apr\u00e8s-midi du 27 juillet, Vincent se tire un coup de revolver dans la poitrine en plein champ et, le surlendemain, il meurt dans les bras de Th\u00e9o dans la petite mansarde de la pension Ravoux o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait install\u00e9. Dans la poche du peintre, une lettre inachev\u00e9e: \u00abEh bien, mon travail \u00e0 moi, j\u2019y risque ma vie, et ma raison y a sombr\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9.\u00bb<br>\nhttp:\/\/agora.qc.ca\/thematiques\/mort.nsf\/Dossiers\/Vincent_Van_Gogh<br>\nLe 27 juillet 1890, dans le champ de bl\u00e9 qu&rsquo;il a peint quelques jours avant, il se tire un coup de revolver. Il meurt deux jours plus tard dans les bras de son fr\u00e8re Th\u00e9o, le laissant seul h\u00e9ritier de sa vie, de son \u0153uvre. L&rsquo;affinit\u00e9 indissoluble des deux fr\u00e8res s&rsquo;\u00e9tend au-del\u00e0 de la mort. Deux mois \u00e0 peine apr\u00e8s la mort de Vincent, Th\u00e9o sombre \u00e0 son tour dans la d\u00e9mence pour ne plus en gu\u00e9rir. D\u00e9sormais la personne de l&rsquo;artiste Van Gogh \u00e9tait d\u00e9finitivement morte. Il appartenait \u00e0 Jo, la veuve de Th\u00e9o, de livrer l&rsquo;\u0153uvre au public. Elle y r\u00e9ussit au-del\u00e0 de toute mesure.<br>\nhttp:\/\/www.blue.fr\/vangogh\/vie.htm<\/p>\n\n\n\n<p>LA MAISON DE VAN GOGH A AUVERS SUR OISE<br>\n\u00ab\u00a0La maison de Van Gogh\u00a0\u00bb \u00e0 Auvers-sur-Oise &#8211; 95430, visiter la chambre de Vincent Van Gogh, sa derni\u00e8re demeure lors du s\u00e9jour de Van Gogh \u00e0 Auvers-sur-Oise.<br>\n\u00ab\u00a0La Maison de Van Gogh\u00a0\u00bb, apr\u00e8s cinq ann\u00e9es de r\u00e9novation, cette auberge historique a retrouv\u00e9 l&rsquo;aspect qu&rsquo;elle avait quand Vincent Van Gogh y mangeait tous les jours, discr\u00e8tement attabl\u00e9 au fond de la salle, vous pourrez y visiter la chambre de Vincent Van Gogh.<br>\nA 35Km de Paris, un village (Auvers sur Oise), consid\u00e9r\u00e9 par certains pour un village d&rsquo;artistes, VAN GOGH, PISSARRO, CEZANNE, DAUBIGNY et bien d&rsquo;autres, la liste serrait longue, ils on marqu\u00e9s de leurs empreintent leurs passages dans cette ville reine de l&rsquo;impr\u00e9sionnisme.<br>\nVAN GOGH s\u00e9journa \u00e0 l&rsquo;Auberge RAVOUX, dite aussi maintenant \u00ab\u00a0Maison de VAN GOGH\u00a0\u00bb, ou ce trouve la chambre ou il s\u00e9journa lors de son s\u00e9jour \u00e0 Auvers sur Oise, il s&rsquo;installe le 20 mai 1890 \u00e0 l&rsquo;Auberge RAVOUX.<br>\nGr\u00e2ce \u00e0 une minitieuse restauration, l&rsquo;Auberge Ravoux, class\u00e9 monument historique, \u00e0 retrouv\u00e9 son aspect de 1890 : ses \u00e9tag\u00e8res \u00e0 vins, ses dix tables de ch\u00eane et sa suillarde nous replongent dans l&rsquo;atmosph\u00e8re conviviale des caf\u00e9s d&rsquo;autrefois. Aujourd&rsquo;hui, on y savoure toujours les plats du terroir et la cuisine populaire qui faisaient l&rsquo;ordinaire des pensionnaires.<br>\nL&rsquo;auberge, d\u00e9cor\u00e9e d&rsquo;une fresque de 1884, a conserv\u00e9 l&rsquo;ambiance conviviale des caf\u00e9s d&rsquo;artistes et l&rsquo;on y savoure encore les produits et les vins du terroir que Van Gogh appr\u00e9ciait.<br>\n www.van-gogh.fr\/maison-de-van-gogh.php<\/p>\n\n\n\n<p>LE CHATEAU<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait une fois au bord de l&rsquo;Oise, au coeur du petit village d&rsquo;Auvers-sur-Oise un \u00e9l\u00e9gant ch\u00e2teau \u00e9lev\u00e9 en 1635 pour un banquier italien de la suite de Marie de M\u00e9dicis.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, il avait perdu beaucoup de sa superbe. Ronces, mauvaises herbes et fleurs sauvages avaient envahi ses jardins \u00e0 la fran\u00e7aise et il fallait un oeil exerc\u00e9 pour distinguer l&rsquo;orangerie, \u00e9touff\u00e9e sous les gravats et les lierres centenaires\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est alors que naquit l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;am\u00e9nager ce superbe ch\u00e2teau afin de rendre hommage aux peintres qui ont tant marqu\u00e9 la vall\u00e9e de l&rsquo;Oise : <br>\nles Impressionnistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Acquis en 1987 par le Conseil G\u00e9n\u00e9ral du Val d&rsquo;Oise, le domaine a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement restaur\u00e9 avant l&rsquo;ouverture, en mai 1994, du Parcours-Spectacle : \u00ab\u00a0Voyage au Temps des Impressionnistes\u00a0\u00bb con\u00e7u par le Cabinet Saint-Bris.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Parcours-Spectacle \u00ab\u00a0Voyage au Temps des Impressionnistes\u00a0\u00bb vous emm\u00e8ne sur les traces des grands Ma\u00eetres de la peinture ayant marqu\u00e9 l&rsquo;histoire d&rsquo;Auvers-sur-Oise : Daubigny, Pissarro, C\u00e9zanne, Van Gogh, Monet\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Muni d&rsquo;un audio-guide (remis gratuitement et disponible en 9 langues*), vous parcourez les salles du ch\u00e2teau au milieu de d\u00e9cors reconstitu\u00e9s de la vie parisienne au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, et d&rsquo;ambiances \u00e9voquant les th\u00e8mes favoris des Impressionnistes. <\/p>\n\n\n\n<p>En permanence environn\u00e9 d&rsquo;images, vous plongez dans un univers compos\u00e9 d&rsquo;effets sp\u00e9ciaux, de musiques d&rsquo;\u00e9poque, de cris de Paris, de voix et de chansons, de films anciens, de reportages photographiques, d&rsquo;objets authentiques retrouv\u00e9s\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Ici, aucune \u0153uvre originale, mais gr\u00e2ce \u00e0 la projection et \u00e0 la mise en mouvement de pr\u00e8s de 500 toiles, vous d\u00e9couvrez la peinture impressionniste en \u00ab\u00a0entrant\u00a0\u00bb dans les tableaux avec le m\u00eame regard que celui des peintres.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincent VAN GOGH art et mysticismeFils d&rsquo;un pasteur n\u00e9erlandais, neveu de son homonyme Vincent Van Gogh qui co-dirigeait la firme de n\u00e9goce d&rsquo;art international Goupil &amp; Cie \u00e0 La Haye, Vincent, comme son fr\u00e8re Th\u00e9o, commen\u00e7a par suivre la tradition familiale en juillet 1869 en&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10749,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[60,57],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v21.9.1 - 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