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CIGARETTE, BRISEUSE DE SOLITUDE ?

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La cigarette, briseuse de solitude?

Alors que le gouvernement est sur le point de faire passer le prix du paquet de cigarettes à 10 euros, il serait peut être bien pour vous et surtout profitable pour votre santé (et votre porte monnaie…) que vous décidiez une bonne fois pour toutes de vous arrêter de fumer… oui MAIS….

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Le tabac est responsable de 66 000 morts par an en France, dont 6000 à cause du tabagisme passif. Arrêter de fumer reste la seule solution pour retrouver un souffle à peu près normal et limiter les risques pour sa santé. Avec l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi, les français devraient d’eux-mêmes limiter leur consommation de cigarettes. Tant mieux, puisqu’il est reconnu qu’une cigarette fumée représente 6 minutes de durée de vie en moins !

Les conséquences de l’addiction sont très lourdes (cancer du poumon, cancer des lèvres, de la bouche, de la gorge, de l’œsophage, angine et bronchite, artérite des membres inférieurs, coronarite et infarctus du myocarde, cancer du pancréas, cancer de la vessie, cancer du col de l’utérus, induction de leucémie chez le nouveau-né etc…) mais le fumeur a beau être parfaitement informé de tous les dangers que représente le batonnet blanc, il n’en est pas moins frondeur en général: un peu comme si tous ces dangers latents ne le concernaient pas.

Il est vrai qu’il est très difficile de s’arrêter de fumer à partir d’une simple volonté: l’accoutumance physique et psychique à la cigarette ne concèdent que 5% de réussite aux meilleures volontés. Laquelle réussite intervient souvent après plusieurs tentatives seulement.

D’accord, mais alors, comment faire?

Tout d’abord, le fumeur doit être extrêmement motivé: il doit avant tout avoir lui-même decidé d’arrêter de fumer et ne pas seulement céder à la pression de l’entourage.

Ensuite, il faut pouvoir repérer son stade d’addiction. Il en existe de quatre sortes:

1-le stade du fumeur heureux:

50% des fumeurs sont concernés. La notion de plaisir l’emporte sur une réelle volonté d’arrêter de fumer. Ce fumeur n’a aucune chance d’arrêter de fumer dans l’immédiat.

2- le stade du fumeur indécis

30 à 40% des fumeurs sont concernés

Ce fumeur est conscient de sa dépendance, il envisage d’arrêter de fumer dans les 6 mois.

3- le stade de l’arrêt.

15% des fumeurs sont concernés.

Le fumeur a décidé d’arrêter de fumer et essaie de resister à la prochaine cigarette. Ce fumeur a de réelles chances d’arrêter définitivement de fumer.

4- Phase de maintenance

L’ex-fumeur doit tenir le coup et ne pas craquer. S’il craque, il se condamne à revenir à la phase 2.

Ceci ressemble à un jeu et pourtant n’en est pas un. Il existe des tests en centre de tabaccologie qui déterminent pour vous vos chances de réussite. Ils constituent une excellente motivation pour se décider d’arrêter de fumer.

Une fois que vous avez repéré le stade de dépendance où vous vous situez, et si vous avez réellement décidé d’arrêter de fumer, il vous reste trois types de dépendances à vaincre:

Physique

Psychique

Comportementale

La dépendance physique: est la dépendance la plus lourde à éradiquer. Elle est due à la nicotine contenue dans le tabac; paradoxalement, le nombre de cigarettes fumées ne détermine pas forcément ce type de dépendance, et c’est là tout l’aspect pernicieux de la cigarette. Vous pouvez n’en fumer que 6 par jour mais en être réellement devenu dépendant!

La nicotine est une substance qui se fixe sur les récepteurs du système nerveux, dans le cerveau, entre autres. Elle génère des effets euphorisants et stimulants. Le corps s’habitue à sa dose quotidienne et sa disparition induit un état de manque evident, d’où un état de nervosité, d’ irritabilité et d’agitation.

La dépendance psychique

Fumer apporte détente, satisfaction et stimule intellectuellement. La cigarette a aussi des effets tranquillisants et anti-dépresseurs. Il est très vite facile de devenir dépendant de ces sensations sur commande. La cigarette, en plus d’apporter une contenance en société, s’avère être un formidable compagnon de solitude. Combien parmi nous se sentent “moins seuls” avec cet illusoire compagnon entre les doigts? Mais combien également seraient surpris de s’apercevoir que l’idée de contenance n’est qu’une question d’attitude qui se passe sans aucun problème de la cigarette! Il s’agit de se construire une confiance en soi suffisamment solide pour substituer le sourire et la décontraction naturelle à la dépendance à la cigarette…Facile à dire, certes!

La dépendance comportementale

Cette dépendance est liée à l’habitude et au plaisir du geste de fumer, à des moments précis de la journée. Comme fumer après les repas, fumer en pause au travail, ou fumer dans un lieu de convivialité (pub, boîte de nuit…)

Si la prise de décision d’arrêter la cigarette peut s’avérer être lente, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre: les risques de maladie baissent immédiatement après l’arrêt. Il suffit en général de trois semaines pour se débarrasser de la dépendance de la cigarette. Trois semaines pour gagner en moyenne 8 ans d’espérance de vie supplémentaire! Cela mérite qu’on s’y penche un peu?!

A court terme en effet, les risques d’infarctus du myocarde baissent de 50% après un an d’arrêt. Pour les risques d’atteintes cérébro-vasculaires, ils équivalent à ceux d’un non-fumeur après un an d’arrêt. A long terme, le risque d’infarctus du myocarde équivaut à celui d’un non-fumeur après 5 à 20 ans d’arrêt. Pour les atteintes cérébro-vasculaires l’ex-fumeur est sur un pied d’égalité avec le non-fumeur après 1 an d’arrêt. Enfin, pour le cancer du poumon, les risques diminuent de 50 à 90% après 15 à 20 ans d’arrêt.

Faites confiance aux professionnels de la santé et envisagez, pourquoi pas, une prise en charge thérapeutique pour réussir votre sevrage. Un suivi personnalisé vous aidera à mieux vivre les trois étapes de l’aide à l’arrêt:

  • Evaluation de la motivation à l’arrêt. Renforcement de celle-ci
  • Evaluation de la dépendance tabagique Mise en place de l’aide au sevrage.
  • Suivi et accompagnement pour la prevention des rechutes.

Ensuite, vous n’aurez que l’embarras du choix pour les méthodes d’aide definitive à l’arrêt:

Patch et timbres

Chewing-gum

Pastilles à sucer

Inhalateur

Cigarette sans tabac

Zyban ou Bupropion

Homéopathie

Acupuncture

Hypnose

Psychothérapie comportementale

Et quelle satisfaction pour vous et votre proche entourage de relever le défi de stopper définitivement la cigarette ! Que 2008 vous apporte cette volonté et ce courage, et que vous en soyiez gratifié en retour par la vie!

Karine MICARD

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