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  |   A la rencontre de…, L’Art et la solitude, L’événement du mois, Portraits du mois   |   Pas de commentaire

LOUIS ARAGON

«Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre, Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour le front. Enfant précoce, il compose dès l’âge de six ans, dans l’atmosphère confinée d’une pension de famille où apparaissent de belles étrangères, de petits romans inspirés de Zola qu’il dicte à ses «sœurs» et dont il a publié plus tard l’un des volumes. 

Un sentiment certain de solitude a marqué cet enfant qui, comme tous les enfants qui grandissent dans le secret de leurs origines et qui baignant dans les non dits, ressentent l’étrangeté au plus profond d’eux mêmes sans comprendre. Il se créée un sentiment d’abandon, de solitude intense.

Mais cela ne l’a pas empêché d’être un excellent élève puisqu’après une brillante scolarité (il maîtrise en sixième le programme littéraire du baccalauréat) pendant laquelle il dévore tous les livres qu’il trouve, à commencer par Dickens (écrivain anglais), Tolstoï et Gorki (écrivains russes), il assiste à l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Il échappe, de 1914 à 1916, à plusieurs vagues de départ pour le front et commence des études de médecine en 1915 tout en fréquentant assidûment la librairie d’Adrienne Monnier, grâce à laquelle il découvre Lautréamont, Apollinaire, Mallarmé, Rimbaud…Cela ne l’empêche pas de lire Barbusse, dont Le Feu (1916) fait sur lui une très forte impression. 

On connaît la suite…

Du 14 AVRIL AU 19 SEPTEMBRE 2010, l’Adresse Musée de la Poste présentera l’exposition Louis Aragon (1897-1982), fondateur du mouvement surréaliste avec André Breton et Philippe Soupault est un des esprits les plus brillants et les plus complexes du XXe siècle. Les trois hommes ont très tôt entamé un dialogue avec la peinture. A tel point que leurs écrits sur l’art forment un véritable corpus dans leur oeuvre.

La littérature et l’art sont, pour Aragon, imbriqués et portent en eux la même interrogation : la mise en question de l’homme et du monde et, par là même, des langages verbal et pictural. Pour Aragon, les objets sont des mots et les mots des matériaux de construction. La rencontre de l’auteur avec des peintres majeurs a été fondamentale. 

L’Adresse Musée de La Poste crée l’événement à Paris avec l’exposition 

« Aragon et l’art moderne »  du 14 avril au 19 septembre 2010.

Seront présentés les peintures, dessins, collages et  sculptures de plus de 40 artistes 

sur lesquels Aragon a expressément écrit : Signac, Pirosmani, Matisse, Marquet, 

Picasso, Braque, Léger, Gris, Duchamp, Chagall, Klee, Arp, Man Ray, De Chirico, Ernst, Masson, Malkine… et de plus jeunes artistes tels Titus-Carmel, Le Yaouanc, et Moninot encouragés par Aragon dès leur première exposition. Les œuvres sont illustrées par les réflexions les plus percutantes de l’écrivain, et accompagnées de livres et de documents de l’époque. Après Philippe Soupault consacré en 1989 par la ville de Montreuil,

Aragon, Henri Matisse, roman publié aux éditions Gallimard (1971) et les œuvres de Henri Matisse 

Edité chez ARTE Editions.  

« Elle a toujours marqué une étape importante de ma propre vue des choses », écrira-

t-il. Ces peintres, dont il fait la connaissance grâce à Guillaume Apollinaire et à Pierre 

Reverdy, vont, pour certains, l’accompagner toute sa carrière.

Aragon, en intimité avec ceux qu’il appelle « les aventuriers de la pierre et de la toile », 

sera mêlé de près aux événements capitaux de l’histoire de l’art du XXe siècle. Il publie 

dès 1923 un texte sur Max Ernst, puis en 1930, en guise de préface à une exposition,

La Peinture au défi, qui se veut une réflexion sur les collages suscitée par La Femme 100 

tête de l’artiste et par ceux de bon nombre d’artistes dadaïstes et surréalistes auxquels 

il est encore lié : Duchamp, Picabia, Arp, Man Ray, Miró, Tanguy…

Dans ce texte essentiel, qui préfigure ce que deviendra la création contemporaine, Aragon 

fait l’historique de cet art nouveau, tente d’expliquer « le défi que le collage lance à la peinture traditionnelle » et pose la question du réalisme, voire du réalisme socialiste.

Concepts qu’il approfondira en 1935 dans son ouvrage Pour un réalisme socialiste. Dès 

lors, il se fait le défenseur d’artistes comme Taslitzky, Fougeron (quand il ne lui reproche 

pas de faire fausse route), et d’artistes soviétiques. Ce qui ne l’empêche pas simultanément d’écrire des articles sur Pirosmani, Signac, Matisse, Picasso, Léger, Chagall, Miró, Ernst, Masson, Malkine, Hoffmeister, Giacometti, Grüber, Buffet, Kolar, Fassianos… pour des catalogues ou des journaux ; princi- palement Les Lettres françaises, hebdoma-

daire littéraire dont il assure la direction de 1953 à 1972, épaulé par Pierre Daix, rédac-

teur en chef, et qui seront repris dans Aragon, Ecrits sur l’art moderne (1981). Enfin, en 

1970, il consacre un essai remarqué à son ami Matisse, rencontré trente ans plus tôt. 

L’exposition est réalisée avec le soutien de La Maison Elsa Triolet-Aragon, en collabo-

ration avec la société des amis d’Aragon et Elsa Triolet. Sont déjà partenaires : ARTE 

Editions, Télérama, Libération, Imestia et Le Magazine littéraire.

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