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CONNAISSANCE DE SOI : rebondir

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Confidence: Comment je me suis accroché et comment j’ai rebondi.

 

La crise financière de 2008 fut une catastrophe pour bien des personnes et je fus de celles – ci.

Je gagnais pas mal d’argent et trop facilement dans le secteur de l’immobilier et je le dépensais encore plus facilement. L’argent facile n’est pas celui qu’on respecte le plus. Attaché à faire plaisir autour de moi et ne m’oubliant pas, j’avais souvent recours à quelques petits emprunts.

Subitement le marché de l’immobilier s’est effondré avec cette crise et je me suis effondré aussi vite. J’ai perdu prise dans cette tourmente, perdu toute confiance, toute énergie. Je me suis isolé de mes amis, j’ai rompu avec mon amie et je me suis cloitré chez moi. Je n’avais plus de revenus, seulement des dettes, seulement une monstrueuse déprime.

Je me suis laissé aller à la dérive, je n’ai pas réagi et j’ai tout perdu.

 

 

La vie paraissant plus facile au soleil, je suis parti habiter à Saint Raphaël, dans le Var, solidement épaulé par ma mère et ma sœur. Ce changement m’aida un peu à surmonter mon désarroi.

Dans un premier temps, j’ai relativisé mon malheur en me disant que j’étais chanceux d’avoir des enfants heureux et en bonne santé.

Dans un deuxième, je me fis des amis par le biais d’un site internet bien connu, cette vie sociale m’apporta un grand réconfort. J’appris avec eux à apprécier des plaisirs simples comme un pique nique sur la plage.

Le sport fût ensuite un autre moyen d’oublier mes malheurs. Vélo et roller furent les deux mamelles de cet oubli . Le sport et la nature sont d’excellents moyens de se reconstruire et je perdis ma morosité presque aussi vite que mes kilos superflus.

 

Je ne cherchais pas à travailler cependant, incapable d’affronter un entretien d’embauche pour un emploi valorisant, alors que j’avais perdu toute confiance en moi, et trop fier pour accepter un petit boulot que je jugeai dévalorisant.

Une amie me proposa alors un petit emploi dans l’association d’aides à domicile dont elle est la directrice. Elle me confiait le développement de cette boite. Derrière cette belle mission se cachait une triste banalité: être un petit commercial et un distributeur de prospectus. Elle sût me présenter ce que pourrait m’apporter ce travail et je ne pus refuser.

 

 

Cet emploi fût tout d’abord un vrai calvaire mais je m’efforçais à le faire correctement, par fierté, pour ne pas décevoir cette amie. Je l’améliorais par quelques actions plus valorisantes comme la création de nouveaux services, d‘une gazette mensuelle pour nos clients et salariés.

 

Quelques louanges sur mon travail caressèrent mon égo et je m’investis un peu plus dans ce travail. Quelques mois plus tard cette amie me confia le petit service «jardinage et bricolage » de cette association. Ce petit secteur de notre activité prît de l’ampleur et en même temps je repris confiance en moi.

 

Travail, vie sociale et meilleure confiance en soi vous ouvrent à une vie sentimentale, dernier pilier d’une reconstruction et depuis je revis. J’ai recommencé à voyager, j’ai un petit cocon chaleureux dans un bon quartier à cent mètres de la première crique.

 

Je gagne bien moins d’argent mais celui-ci est le fruit de mon travail.

 

Je vais beaucoup moins souvent dans les grands hôtels et restaurants. Aujourd’hui, le plaisir de la vie est ma seule motivation et finalement, je réalise qu’avant, c’était le besoin de me mettre en avant qui était ma première préoccupation.

 

Je suis moins généreux mais mes cadeaux sont ceux du cœur et touchent tout autant ceux que j’aime.

 

Je ne suis pas très fier de celui que j’étais auparavant. Aujourd’hui, en m’occupant des autres, je me suis “retrouvé” et grace aux autres, je renais à la vie et à l’espoir. Je ne me sens plus aussi seul qu’il y a quelques années et j’ai l’impression, pour moi, d’avoir enfin, trouvé le chemin du Bonheur…

 

Alain Fournier

 

A lire : L’ESPOIR D’UNE VIE MEILLEURE de ALAIN FOURNIER :Couverture 2-2

 

NOTRE REFLEXION PSY DE CE MOIS : Où est Le Bonheur ? Une réflexion d’Alain Fournier à méditer…

Comme moi, vous avez du regarder des reportages sur des tribus primitives vivant dans les confins de l’Amazonie, dans les profondeurs des forêts de la Nouvelle-Guinée ou autres régions oubliées du progrès.

Comme moi, vous avez du regarder ces sauvages avec un œil amusé, curieux, mais condescendant. Ces malheureux n’ont rien, pas de voiture, pas de téléviseur, pas d’ordinateur, rien. Fi, les misérables!

Cependant, comme moi vous avez du voir leurs enfants s‘amuser et rire aux éclats. Comme moi vous avez pu voir les ainés danser et chanter, sourire aux lèvres. Vous avez même pu les voir travailler en chantant, étonnant. Comme moi vous avez du les juger bien innocents en les voyant rire et chanter ainsi. Comment peut-on être heureux en étant si pauvre?

Imaginons cependant que nous n’ayons pas un monceau de factures à honorer, des crédits à rembourser, un loyer à payer, des pensions à verser. Imaginons que nous n’ayons que deux ou trois heures de travail par jour, et que ce travail soit sans pression et sans stress. Imaginons encore que nous vivions sans embouteillage et sans problème de sationnement. Imaginons une vie sans autre souci que celui de nous nourrir.

En imaginant tout cela, nous nous plongeons finalement dans le temps heureux de nos vacances. Quel bonheur que ces congés! Un temps d’insouciance, de voyages, de loisirs et de joies en famille.

Nous avons tous l’électricité et le chauffage dans nos coquets logements. Ceux-ci sont encombrés de beaux meubles, de tout l’électroménager, de téléviseurs, d’ordinateurs et autres consoles. Nos armoires sont pleines de vêtements à la mode et de ceux que nous ne pensons pas à jeter. Nous avons tous une automobile, une moto, voir un bateau. Du garage au grenier s’entassent nos possessions.

Pourtant combien d’entre-nous peuvent dire qu’ils sont heureux, pleinement heureux? Nous n’avons qu’à regarder les personnes que nous croisons dans la rue, au travail, dans le train ou le métro pour constater que fort peu, très peu le sont. Et encore, le sont-ils

vraiment ou n’est-ce qu’un bonheur passager? Et combien font semblant de l‘être?

Et si nous étions dans l’erreur? Et si nous encombrer de mille possessions était inutile au bonheur, si ce n‘est pour un bref moment de plaisir lors de leur achat? Et si devoir gagner toujours plus pour nous payer tout cela était une belle absurdité? Et si nous devions revoir notre mode de vie, reconstruire nos existences? Nous sommes fiers de notre civilisation occidentale mais n’est-elle pas un carcan finalement? Le carcan de la possession et du paraître.

Considérons comment s’est formé notre belle civilisation en nous plongeant dans notre histoire. Au début les Grecs et leurs mille combats, leurs extensions (possessions). Après les Romains qui étendirent leur belle Pax Romana en faisant vingt millions de morts et d’esclaves rien qu’en Gaule (possessions). Après ce fut des hordes barbares qui déferlèrent et s’établirent dans le sang (possessions). Ensuite arrivèrent les croisades, les guerres, l’inquisition, les guerres encore, le temps des colonisations et des guerres encore, toujours plus ravageuses (possessions et possessions encore). Bien des violences pour des possessions.

Possessions = paraître? Une pensée sur laquelle nous devrions nous pencher!

La paix retrouvée, nous vivons depuis une ère d’industries et de consommation. Une ère où notre soif de possessions ne s’épanche plus par le glaive, l‘épée ou le fusil, mais par le travail. Une ère où nos enfants se droguent et se saoulent pour oublier leurs angoisses, pendant que pour nous, les parents responsables, avons pour quotidien le stress, les dépressions nerveuses, les cancers et les suicides.

Finalement, est-il si parfait notre modèle occidental?
Et si nous cherchions à vivre autrement, sans chercher l’espoir dans la gauche ou la droite mais en nous, dans un nouveau mode

de vie?
Et si nous oublions de croire que notre bonheur est dans la

possession et le paraître? Rire et parler avec nos enfants, notre conjoint, n’est-il pas un plus grand bonheur? Admirer ensemble, main dans la main, un spectacle de la nature n’est-il pas une grande joie?

 

Alain Fournier, auteur de:

L’espoir d’une vie meilleure

Leurs cornes immenses

 

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