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SPIRITUALITE : L’ ETOILE DU BERGER

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L’ETOILE DU BERGEREn cette période de fêtes de fin d’année, et pour commencer une nouvelle rubrique sur la spiritualité, nous allons parler de l’étoile du berger.

Cette belle étoile qui a guidé les Rois Mages à Jésus, n’est autre que la planète Vénus.

Elle est appelée Etoile du Berger parce qu’elle est la première à apparaître dans le ciel du soir et la dernière à disparaître du ciel, le matin, à l’heure du lever du soleil, c’est à dire à l’heure à laquelle les bergers devaient rentrer ou sortir leurs troupeaux de moutons.

C’est l’Astre le plus brillant de notre ciel après le soleil et la lune, donc très facile à repérer parmi les étoiles.

Cette étoile qui est la première à apparaître et la dernière à disparaître était considérée par ceux qui passaient les nuits dehors, comme un guide toujours fidèle et présent pour les diriger pendant la transhumance.

D’où le nom « Etoile du Berger ».

Cette étoile est donc une planète. C’est l’étoile polaire qui indique toujours le Nord et comme les bergers se dirigeaient toujours vers le nord, c’est encore une raison qui faisait qu’ils s’en servaient pour s’orienter.

L’Etoile du Berger sert de référence, car une fois qu’on l’a remarquée, le ciel nocturne n’est plus qu’une grande carte à lire.

Elle a son importance dans la littérature biblique comme point de référence pour les trois bergers qui ont recherché le Fils de Dieu.

Et si nous l’avons choisie pour accompagner Tépaseul , c’est que nous sentons qu’elle sera notre guide ainsi que le vôtre grâce au suivi, chaque mois, de nos conseils distribués au fil de nos rubriques. Au travers de ceux ci, elle vous apportera le chemin à suivre pour aller vers le bonheur tout en sortant de votre solitude.

Alors, ne perdons pas le Nord et continuons notre belle Aventure… JOYEUX NOEL A TOUS !

Chantal ROLLAND

 

 

 

 

L’ART & LA SOLITUDE

Giuseppe Verdi 1813-2001

…Ou la force d’un destin!

 

Grand compositeur italien du XIXème siècle, Verdi est défini par ses contemporains comme le chantre de la liberté et de l’unification italiennes.

En composant “Nabucchodonosor” en 1841 (vite transformé en “Nabucco” par le public italien), il a signé un de ses plus grands ouvrages qui lui ont apporté le succès triomphal qu’on lui connaît. En plus d’apprécier le caractère novateur de l’oeuvre, les italiens, alors sous la domination autrichienne, ont reconnu dans cette oeuvre l’expression de son aspiration à la liberté: car quand les choeurs interprètent le chant des hébreux déportés à Babylone “va, pensiero…” – devenu très vite le plus célèbre choeur de l’opéra italien-, c’est tout un pays qui se reconnaît dans leur oppression.

 

Et pourtant, le cours du destin de Verdi aurait dû être si différent…

 

Il venait de traverser une période de grande dépression quand il compose cet opéra écrit par Soléra: en l’espace de deux ans, entre 1838 et 1840, une série de malheurs anéantit sa famille.

D’abord la mort de sa fille, Virginia, emportée à l’âge de 16 mois par un mal foudroyant, puis un an plus tard celle d’Icilio, son petit garcon qui décède au même âge…Toujours très peu disert sur les événements de sa vie privée, Giuseppe n’écrit que quelques lignes sur cette disparition dans son “récit autobiographique” à Giulio Ricordi: “Mon petit garcon tombe malade au début du mois d’avril; les médecins ne réussissent pas à comprendre la nature de son mal et le pauvre enfant languit et s’éteint dans les bras de sa mère au désespoir…”

Margherrita est la toute première femme que Verdi ait connue: elle est la fille de son protecteur Barezzi; il lui enseignait le piano du temps où il était hébergé chez eux; les deux adolescents sont rapidement tombés amoureux l’un de l’autre et se sont mariés. Hélas, Margherita n’aura connu que les débuts difficiles de Giuseppe, se voyant contrainte de vendre au Mont de Piété ses quelques bijoux et affaires précieuses de famille pour subvenir aux besoins du foyer. Giuseppe s’était alors juré de vite réparer cet affront en multipliant les contrats pour la gâter au centuple. Il n’a pu hélas jamais tenir sa promesse puisque Margherita décède d’une méningite le 18 juin 1840.

C’est un homme détruit et accablé qui suit avec son beau-père le cercueil de Margherita jusqu’au cimetière de San Giovanno, situé à la périphérie de la ville:

“J’étais seul…”, écrira Verdi dans son récit autobiographique de 1879, “…désespérément seul!”

Sur ce, l’opéra-bouffe qu’il doit livrer à la Scala de Milan et qu’il écrit dans la détresse la plus totale suite aux décès successifs qu’il a à affronter, “Un giornio di regno”, est un échec cuisant. Verdi se dit que plus rien ne le retient à Milan; il décide de renoncer à tout, et pour toujours: ses projets de composition d’opéras et de scènes lyriques sont bannis à jamais – croit-il- car sur l’insistance de Merelli, imprésario de la Scala, connaisseur chevronné du monde du spectacle bien décidé à ne pas voir filer entre ses mains ce jeune prodige de la composition, retire “Un Giornio di regno” de l’affiche, prétextant que la prima donna est souffrante et hors d’état de poursuivre les représentations. Il met à la place “Oberto, conte di San Bonifacio” programmé la saison précédente et plebiscite par le public.

Lorsque Verdi se rend à sa convocation, certain d’avoir à affronter les menaces de l’imprésario, Merelli se contente de lui rendre son contrat: “ Verdi, lui aurait-il déclaré, je ne peux pas te forcer à écrire! Mais j’ai toujours confiance en toi. Qui sait, peut-être un jour, te décideras-tu à reprendre la plume? Alors il te suffira de me le faire savoir à l’avance et je te promets que ton opéra sera représenté…” En fait, l’argent qu’il va gagner grâce aux 17 représentations d’Oberto lui permet de quitter son appartement, témoin de son malheur, pour en louer un plus proche de la Scala…

 

La légende veut que dans le courant de l’hiver 1840-1841, se situe le célèbre épisode qui aurait décidé du destin du maestro:

Alors encore en proie à une déprime persistante et toujours décidé à abandoner sa carrière de compositeur, Verdi rencontre par hasard Merelli en sortant d’une galerie d’art. Il neige à gros flacons. Merelli l’invite à l’accompagner dans sa loge à la Scala; tout en marchant, il lui raconte qu’il est fort embarrassé au sujet d’un nouvel opéra qu’il doit donner. Il en avait chargé le compositeur Nicholaï, mais le livret n’a pas séduit ce dernier. Ils parlent ensuite de choses et d’autres. En arrivant à son bureau, Merelli prend le manuscrit de Solera et s’exclame en le montrant à Verdi:

  • Regarde, voici le livret de Solera! Avoir un tel sujet et le refuser! …Prends-le!…et lis-le!
  • Que veux-tu que j’en fasse? Non, non je n’ai aucune envie de lire des livrets!
  • Allons, cela ne va pas te rendre malade! Lis-le et rapporte-le-moi.

Il lui remet le manuscrit. Verdi rentre chez lui:

“Tout en marchant, je me sentis envahi par une tristesse indéfinissable, une angoisse gonflait mon coeur. Rentré à la maison, c’est presque avec rage que je jetais le manuscrit sur la table. En tombant, il s’ouvrit de lui-même et, sans savoir comment, mon regard tomba sur la page que j’avais devant les yeux et voici ce que je lus: Va, pensiero, sull’ali dorate ( “Envole-toi, pensée, sur tes ailes dorées”) je lis les vers suivants et ils me firent une forte impression, d’autant plus grande qu’ils paraphrasaient la Bible, lecture dont je me suis toujours délecté…”

Décidé à ne rien écrire, Verdi va se coucher. Mais Nabucco lui trotte dans la tête! Il se relève, lit et relit le manuscrit jusqu’à le savoir par coeur.

Le lendemain, il rapporte le livret à Merelli sans avoir changé d’avis.:

  • c’est beau, hein? Me dit-il
  • Très beau
  • Eh bien, mets-le donc en musique.
  • Pas pour un empire…je n’en veux rien savoir!

Merelli prend le livret, le lui met dans la poche de son manteau, le saisit par les épaules et d’une secousse, le jette en-dehors du bureau, et lui ferme la porte au nez à double tour!

La suite, on la connaît…

 

En plus de rencontrer la gloire avec cet opéra, Verdi rencontre aussi la femme de sa vie, Giuseppina Strepponi, cantatrice notoire qui interpréte pour l’occasion le rôle d’Abigaëlle. Ces deux êtres ont su réunir leurs solitudes respectives pour faire triompher l’amour et le bonheur…

 

Voici ce qui peut advenir quand nous traversons des périodes de détresses insoupçonnables, lors de traverses de grandes solitudes…un regain de vie, une orientation nouvelle, des rencontres sacrées, un ciel qui s’ouvre sur une nouvelle clareté…

 

Karine Tuzet (citations de “Verdi et son temps” de Pierre Milza)

 

 

ÊTRE SEUL(E) FACE À SOI-MÊME

 

 

Le simple fait de parler de solitude face à soi peut inquiéter; on méconnaît trop les bénéfices de l’apprivoisement de soi par soi-même. Comme nous l’avons déjà évoqué, il existe deux formes majeures de solitudes: tout au long de notre existence, on peut être amené en effet à vivre à la fois une solitude douce et amère:

* la solitude amère: c’est celle qui taraude comme une blessure, celle dont la souffrance est tellement importante qu’elle envahit l’esprit, paralyse le corps et anéantit le coeur. Elle est de deux sortes:

– Elle peut être liée à l’isolement physique

– Elle peut être celle qu’on éprouve mais dont on n’ose pas parler car jugée           taboue.

 

* la solitude douce et positive qui renvoie la personne dans son jardin intérieur, celle qui permet d’apprivoiser l’étranger qui est en soi et qui amène à devenir le compagnon idéal de soi-même:

–        Elle est celle dont on a besoin pour se dépasser

–        Elle est celle des solitaires.

 

Elle est aussi celle don’t on va parler ici.

L’introspection participe de la solitude sereine, celle dont on a besoin pour puiser des resources certaines en soi. Il y a diverses façons de se retrouver soi-même.

 

Etape 1

 

Tout d’abord, en écoutant son métabolisme. Nous sommes, tous autant que nous sommes, dotés d’un biorythme qu’il faut apprendre à respecter. Quand, au cours de la journée, on sent le sommeil nous envahir, il ne faut pas constamment chercher spécialement à lutter contre lui; au contraire, si l’on apprend à faire une courte sieste dans la journée, on réduit d’autant nos heures de sommeil la nuit, on y gagne en temps, énergie et en productivité. Car un quart d’heure suffit à se régénérer: où que vous soyiez dans la journée après le déjeuner par exemple, prenez l’habitude de vous assoupir: cela peut être chez vous sur le canapé du salon , au bureau sur un siège confortable ou sur un sofa, dans votre voiture sur un parking ou encore dans un parc, si le temps s’y prête. Dans tous les cas, choisissez un endroit confortable et surtout AU CALME!! N’en profitez pas pour mettre de la musique ou la télé en fond sonore. Il faut que vous soyez dans une ambiance dépourvue de toute pollution sonore pour vous retrouver efficacément seul(e) face à vous-même.

 

Etape 2

 

Surtout NE PAS CULPABILISER!! Arrêtez de croire qu’un quart d’heure dans votre journée vous empêchera définitivement de finaliser les tâches que vous avez enterprises dans la journée. Bien au contraire, vous serez gagnant(e) sur la capacité de concentration qui en résultera.

Vous, la mère de famille qui jonglez entre le planning surchargé de vos enfants et l’entretien permanent de la maison, vous avez aussi droit à quelques minutes fondamentales pour recharger vos batteries. Et ce sont vos enfants et votre compagnon qui s’en trouveront recompensés par votre bonne humeur!

Vous êtes chômeur et culpabilisez d’être taxé(e) de fainéant parce que vous lézardez en plein milieu de journée au lieu de rechercher un emploi? Mais c’est justement grâce à ces pauses que vous trouverez l’énergie nécessaire à vos combats!

Vous êtes salarié(e) et estimez ne pas être en droit de marquer des aménagements de repos dans votre journée, étant déjà débordé(e) et n’ayant pas une minute à perdre pour boucler un dossier? Essayez juste une fois, vous verrez que vous y gagnerez en productivité. Non seulement le travail que vous abatterez ensuite sera décuplé, mais en plus, vous n’aurez plus ces impressions de lourdeur qui vous limitent dans votre réactivité. Vos idées seront beaucoup plus claires, vous saurez orchestrer vos pensées avec beaucoup plus de fluidité . Parce que la sieste favorise l’accession à un véritable état de grâce, vous y prendrez très vite goût…

Alors, allons-y? C’est parti!

 

 

3ème étape

 

La sieste est l’art de vous entraîner dans votre itinéraire personnel; celui qui vous renvoie dans votre jardin intérieur, un des biens les plus précieux qui soient sur terre. L’auteur de “la solitude douce amère” de Claude Talec aux éditions Bayard parle de “douceur de vivre”, de “sérénité”, “d’état d’esprit qui favorise la présence à soi, qui permet d’apprivoiser l’étranger en soi et qui amène à devenir le compagnon de soi-même. Il ne s’agit ni de fuite , ni de repli sur soi. Il est simplement question de s’extraire de la course quotidienne pour faire le vide. Talec dit “s’instaurer grand prêtre de soi-même pour faire le vide, au moins de temps en temps, (…) et faire le tri de l’essentiel.

 

Pour éveiller la solitude sereine qui génère tant de bien-être, on n’est pas obligé de pratiquer la vraie sieste en sombrant trop directement dans les bras de Morphée. Cela est régénérateur, certes, mais pas prioritaire non plus. Ce qui est fondamental, c’est de savoir se retrouver seul face à soi-même pour se construire, et surtout pour apprendre à amadouer un moment de solitude extrêmement salutaire pour l’esprit même s’il a tendance à être redouté.

 

En partant de l’injonction de Socrate “connais-toi toi-même”, on touche là à une des règles élémentaires de la bonne communication aux autres. L’introspection régulière permet en effet d’apprendre à s’écouter, donc de conserver une distance saine face aux autres, et ainsi de mieux communiquer en s‘ouvrant d’avantage et en se donnant sans conditions. Mais attention, là encore, il ne s’agit pas de s’octroyer quelques minutes à soi pour passer au crible ses défauts ou ses qualités, ses bonnes ou ses mauvaises actions des jours passés. Non, non, non: il faut faire en sorte d’aller retrouver loin en soi la petite voix de notre conscience qui nous aide à être en paix avec nous-même. Ce n’est pas un exercice forcément évident à pratiquer au départ, cela suppose un peu d’entraînement; mais la plénitude qui s’ensuit est tellement euphorisante qu’elle vous incitera à réitérer l’exercice.

 

Quelques principes de relaxation vous aideront à faire le vide en vous:

Tout d’abord, éteignez votre portable, décrochez votre fixe, mettez une pancarte “don’t disturb” sur la porte de la salle où vous vous trouvez. (si vous êtes chez vous, demandez à votre foyer de respecter le silence le temps de votre repos)

Ensuite, il faut apprendre à respirer!

On adopte beaucoup trop facilement des ersatz de la respiration qui ne sont pas la véritable respiration qui oxygène correctement l’organisme. La seule qui soit efficace est une respiration qui apaise.

 

Pour se faire, il suffit de

–        se relâcher: s’installer confortablement (lit, sofa, fauteuil rembourré) , et après deux respirations profondes avec le ventre, fermer les yeux.

–        Commencer par détendre les muscles du visage en relâchant toute tension qui crispe le front, les paupières, les joues, les mâchoires.

–        Continuer sur les muscles du cou, de la nuque, des épaules, des bras, des avant-bras, des mains, des doigts.

–        Poursuivre la détente du dos, des omoplates, de la colonne vertébrale, les lombaires.

–        Relâcher aussi la poitrine et l’abdomen,

 

A ce stade, vous devez sentir votre coeur battre calmement.

Pendant cet exercice, prenez bien conscience de votre respiration abdominale. Effectuez de longues et lentes expirations en sentant votre ventre se creuser, puis se gonfler tout naturellement en inspirant profondément. Vous êtes là en principe à l’apogée de votre concentration, un état de flottement serein vous indique que vous pouvez communiquer librement avec votre conscience, ou bien encore que vous pouvez profiter pleinement de votre état de grâce en savourant la détente dans l’instant. Ne cherchez pas à maîtriser les pensées qui vous inondent, laissez-les filer, elles ne font que passer; elles ne doivent laisser sur votre esprit aucune trace. Placez-vous symboliquement au-dessus d’elles pour les laisser glisser. Et savourez l’instant.

 

 

Etape 4

 

Pour retrouver votre état de veille, inspirez plusieurs fois profondément. Bougez progressivement chaque extrêmité de votre corps, les doigts, puis les mains, les bras et ainsi de suite juqu’aux muscles du visage. Etirez-vous, contractez vos muscles, sentez-les vivre. Faites en sorte d’être en pleine possession de votre tonus musculaire avant d’ouvrir les yeux. Mentalement visualisez ensuite l’activité de la journée que vous devez enchaîner en vous répétant que vous êtes détendu et très efficace. Ouvrez les yeux. Vous venez de gagner quelques heures de sommeil! Vous êtes très calme au fond de vous et vous vous retrouvez en pleine possession de vos moyens intellectuels.

 

Si en théorie, vous êtes en partie conquis(e), passez à la pratique pour être définitivement convaincu(e) !

 

Bonne détente, heureuse relaxation, et bienfaisantes retrouvailles avec vous-même!

Karine TUZET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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