Magazine

UN SEJOUR A VICHY

  |   Tourisme, Tourisme/sorties-spectacles   |   Pas de commentaire

VICHY

Reine des villes d’eaux 

Inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO avec 10 grandes villes d’eaux d’Europe 

Le 24 juillet 2021, le Comité du patrimoine mondial reconnaît la valeur universelle exceptionnelle du
réseau des 11 grandes villes d’eaux d’Europe. 
Bien que différentes, celles-ci se sont développées autour de sources d’eaux minérales qui ont été le catalyseur d’un modèle d’organisation spatiale dédié aux fonctions curatives, thérapeutiques, récréatives et sociales. 

Vichy, unique ville française au sein de ce réseau, devient ainsi le 46e site français inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Pour cette ville iconique et de référence mondiale dans le domaine thermal, réputée tant pour ses sources que pour son architecture, son urbanisme et ses loisirs, cette inscription marque la reconnaissance de sa riche histoire locale et de l’héritage d’un âge d’or marqué par le faste et l’affluence de curistes venus du monde entier. 

Venir découvrir Vichy, c’est s’immerger dans la richesse de ce patrimoine matériel et immatériel, tout en goûtant à la quintessence de l’art de vivre à la française. 

à part entière 

Si les villes d’eaux se sont développées dès l’Antiquité autour de sources aux vertus curatives, l’origine du thermalisme tel que nous le connaissons aujourd’hui remonte au XVIIe siècle. Les femmes de l’aristocratie, comme la Marquise de Sévigné ou un 

peu plus tard la Duchesse d’Angoulême, venaient alors régulièrement prendre les eaux à Vichy. À partir de la fin du XVIIIe
et plus encore au XIXe, les villes d’eaux deviennent des destinations prisées pour les têtes couronnées ainsi que les artistes. 

Napoléon III vient en cure à cinq reprises à Vichy, l’empereur François-Joseph 1er
en fait de même à Baden bei Wien. Les célébrités sont également des adeptes des villes thermales : Beethoven et Mozart à Baden bei Wien, Jane Austen à Bath où d’ailleurs elle résida un moment ; Puccini, Pirandello, Verdi à Montecatini, etc. Des journalistes prennent aussi leurs quartiers d’été pour écrire des chroniques sur cette population de curistes célèbres. 

Ce sont des villes où il est bon de se montrer et d’être vu ! 

Cette époque coïncide avec l’apparition de la médecine moderne et le développement de l’hygiénisme dans les sociétés européennes. 

Au même moment, émerge une bourgeoisie aisée, en quête de loisirs. 

Les villes d’eaux se métamorphosent alors sur le plan urbain, architectural, paysager, social. 

Elles rivalisent de créativité pour proposer les meilleurs équipements thermaux,
les soins les plus innovants, construisent des casinos, des golfs, des théâtres, des hippodromes, des courts de tennis etc, afin d’être les plus attractives. Pour faciliter leur accès, elle se dotent de gares, de funiculaires. Dans cette ruée vers l’eau, de riches particuliers édifient à leur tour des palaces et des villas. 

Cultivant aussi l’art de la tranquillité
et du bien-être, les villes aménagent des promenades, parcs, roseraies, jardins plongeant les curistes dans une atmosphère paisible et intemporelle. 

II. Vichy, reine des villes d’eaux 

Naissance et développement du thermalisme à Vichy 

Déjà, dans l’Antiquité, la singularité des eaux de Vichy avait attisé la curiosité des Romains. Trois sources avaient alors été découvertes. Mais c’est au cours du XVIIe siècle que sont posées les fondations 

de la médecine thermale dans la cité bourbonnaise, avec la création, en 1630, de la Maison du Roi, considérée comme le premier établissement thermal vichyssois. 

Le territoire jouit très vite d’une belle réputation thermale, mais la marquise
de Sévigné fait exploser cette réputation grandissante. Handicapée par des douleurs à la main qui l’empêchent de s’adonner à sa passion épistolaire, elle vient prendre les eaux en 1676. Et la voilà guérie, ou plutôt bien soulagée. A sa suite, viennent les filles de Louis XV et Laetizia Bonaparte en 1799. C’est elle qui va pousser son fils, Napoléon 1er, à signer, en 1812, le décret qui entérine la création du parc des Sources et qui prévoit réparations et agrandissement
de l’établissement. Le parc s’étend sur
6 hectares au cœur de la ville, soit, la taille de la place St Marc à Venise. En 1821, la Duchesse d’Angoulême, fidèle habituée
de la station, pose la première pierre du nouvel Etablissement Thermal. 

Celui-ci, alors situé à la place de l’actuel hall des sources, accueillait les boissons et les bains. 

Un essor accéléré avec Napoléon III et conforté à la Belle Époque 

C’est Napoléon III, qui se rend régulière- ment à Vichy pour se faire soigner, qui va déceler le potentiel de cette ville et la propulser en « reine des villes d’eaux ». 

Revenant à quatre reprises à Vichy jusqu’en 1866, il rehausse l’aura grandissante de la ville. 

En 1 

Des palaces aux villas 

Un siècle après l’ouverture de l’hôtel Gorgeon, premier établissement hôtelier construit à Vichy, qui accueillit la mère de Napoléon Ier, les premiers palaces voient le jour dans la ville pour répondre à l’affluence d’une clientèle mondaine en quête de luxe. L’hôtellerie devient la première activité économique de Vichy, comptant jusqu’à 122 hôtels en 1901. 

Les palaces accueillent alors plusieurs centaines de clients. Aujourd’hui, seul l’Aletti Palace, situé face à l’Opéra et au Palais des Congrès, est encore en activité. Son architecture du début du siècle s’intègre parfaitement dans la tradition d’élégance et le style épuré de la station thermale. 

Parallèlement, de la fin du XIXe siècle à
la veille de la Première guerre mondiale, l’engouement pour Vichy entraîne une véritable frénésie de construction de villas. 

Commandées par de simples particuliers ou des notables, la grande majorité est construite pour héberger des “buveurs d’eaux” ou des employés saisonniers. En quelques années, le nombre triple : “pas moins de 686 villas étaient proposées à la location dans l’annuaire de 1914, contre 218 seulement en 1877” relate Fabienne Pouradier-Duteil, dans son ouvrage Villas de la Belle Époque. 

Des hôtels font même construire des villas annexes, à l’image des Ambassadeurs avec la villa Castel Flamand située rue de 

Belgique, afin de loger les visiteurs qui souhaitent s’affranchir des contraintes horaires des grands établissements. En pleine saison, des propriétaires vont jusqu’à occuper le sous-sol pour louer leurs pièces d’habitation. 

Les architectes rivalisent d’imagination dans la réalisation de ces villas. D’inspiration alpestre, mauresque, vénitienne, flamande ou encore anglo- normande, les façades constituent à elles seules, par leur réinterprétation
des styles, une invitation au voyage et
au dépaysement. Les intérieurs sont quant à eux souvent fonctionnels, parfois richement décorés. 

L’alignement de ces villas à l’échelle
de rues, voire de tout un quartier, façonne le style de Vichy. 

Une destination incontournable
à la Belle Époque 

Entre la fin du XIXe s et la Première Guerre mondiale, Vichy accueille chaque année, entre mai et septembre, plus de 150 000 baigneurs, touristes ou villégiateurs. 

L’Opéra, deuxième plus grand en France après Garnier à Paris, rivalise avec ceux des plus grandes capitales européennes. À partir de 1905, chaque été, il propose une saison culturelle grandiose. 

Le commerce se développe à Vichy, avec l’arrivée des plus grandes marques, d’abord installées à la saison estivale, puis tout au long de l’année. C’est là que Pierre Cardin ouvre l’une de ses premières boutiques. 

La cure thermale, un véritable art de vivre 

Avec leurs promenades, leurs parcs et jardins, les villes thermales sont synonymes de tranquillité et de bien-être. Leur atmosphère intemporelle, propice à la rêverie et à la mélancolie, séduit et inspire musiciens, poètes et comédiens, tandis que l’éventail des loisirs proposés est propice aux rencontres mondaines et aux fêtes. 

Une vie de curiste qui conjugue soins, loisirs, et mondanités ! 

À Vichy, on venait prendre les eaux, mais aussi se divertir. La journée d’un curiste ne se limitait donc pas à boire l’eau minérale ou à bénéficier des soins thermaux qui lui permettraient de recouvrer sa bonne santé. La cure à proprement parler était ponctuée d’excursions vers les châteaux ou sites remarquables des alentours, flâneries dans les parcs et sur les bords de l’Allier, de lèche vitrine des boutiques de luxe, de visites au Casino qui accueillait les joueurs toute la journée et une bonne part 

Les sources et leurs bienfaits 

Portail d’entrée dans le parc de la source des Célestins © Joël Damase 

Les eaux de Vichy trouvent leur origine dans les volcans d’Auvergne. Il s’agit d’eau de pluie lentement infiltrée à travers les failles des volcans. À 4000 m de profondeur, au contact du magma puis lors de son parcours à travers une variété unique de roches volcaniques, l’eau se réchauffe, se charge en gaz carbonique, en minéraux et en oligo éléments. 

Neuf sources sont actuellement
exploitées à Vichy, sur quelques centaines d’hectares : elles appartiennent toutes à
la famille des eaux minérales naturelles carbogazeuses bicarbonatées sodiques, chacune avec des caractéristiques uniques et sa personnalité. D’origine naturelle,
du fait de leur teneur exceptionnelle en sels minéraux, les eaux de Vichy sont utilisées en boisson ou en soins externes, selon leur minéralité et leur thermalité. 

Les Romains exploitaient déjà les sources
il y a deux millénaires, comme l’attestent les travaux archéologiques qui ont permis de mettre en évidence des aménagements autour de l’émergence des sources naturelles. 

Leurs propriétés thérapeutiques
sont connues depuis depuis quatre siècles. 

Les eaux thermales de Vichy sont indiquées dans le traitement des pathologies fonctionnelles et organiques du système hépato-vésiculaire, digestif et dans les pathologies articulaires. 

SOURCE DES CÉLESTINS 

La source des Célestins jaillit d’un rocher sur lequel s’élevait autrefois un monastère de Célestins, fondé en 1410 par Louis II,
Duc de Bourbon. De la fontaine des pères Célestins à nos jours, la source a connu de nombreuses divagations. Elle diminuait de débit, disparaissait puis était redécouverte à proximité. Au cours des années, elle a donc eu d’autres noms : la Pleureuse, la Source de la Grotte, la Nouvelle Source… Maintenant son griffon a été découvert et aménagé. Source naturelle, sa température est constante à 22°C. D’un goût agréable, c’est à ce jour la seule source embouteillée. 

SOURCE LUCAS 

Cette source était déjà connue à l’époque romaine. Autrefois appelée Source des Galeux, son nom actuel vient du « Médecin Inspecteur des Eaux » de Vichy, le baron Auguste Lucas (1768-1833). Source naturelle, c’est la plus minéralisée des sources de Vichy. Son débit est de 16,6 l/min, sa température de 27°C. On lui reconnaît des vertus anti-allergiques et anti-inflammatoires. Elle est utilisée en cure de boisson et en pulvérisation pour certaines affections dermatologiques. Elle entre dans la composition des cosmétiques commercialisés par Vichy Laboratoires. 

Neuf sources sont actuellement exploitées à Vichy, chacune avec des caractéristiques uniques et sa personnalité. 

SOURCE CHOMEL 

À l’origine appelée « Puits Carré », elle doit son nom à la mémoire du médecin
« Intendant Général des Eaux » de Vichy en activité au début du XVIIIe siècle.
Elle a fait l’objet de nombreux travaux d’aménagement. Source naturelle, sa température est de 43° C et elle est très riche en fluor. Elle sert à la fabrication des pastilles de Vichy. 

SOURCE DE L’HÔPITAL 

Exploitée par les Romains comme en attestent les vestiges visibles de nos jours, cette source, autrefois appelée « Gros Boulet » en raison de son impétuosité, a pris son nom de source de l’Hôpital au milieu du XVIIIe siècle dans les décennies qui ont suivi la création de l’Hôpital Thermal de Vichy, aujourd’hui disparu dans ce quartier. Source naturelle, sa température est de 34°C. Riche en anhydride carbonisé, elle est utilisée en cas de troubles digestifs, gastriques et intestinaux. 

SOURCE GRANDE-GRILLE 

Son nom lui vient d’une grille de fer destinée, dans le passé, à empêcher les animaux de venir s’abreuver à cette source dont ils étaient friands. Elle pourrait avoir pris naissance sous la pression des gaz au moment du comblement (contesté) du puits Chomel à la fin du IIIe siècle. Source naturelle, sa température est de 39°C. C’est la plus riche en fluor. 

SOURCE DU DÔME 

Son forage a été réalisé en 1898. Son 

émergence est située sur la commune d’Abrest. Sa température est de 66°C. À
son émergence, on remarque un dépôt
de carbonate de calcium dû à une modification de l’équilibre chimique carbonates-bicarbonates, liée au départ du gaz carbonique contenu dans l’eau. L’eau de la source du Dôme sert à la fabrication des boues péloïdes utilisées en enveloppement (illutations) dans les Thermes de Vichy. 

SOURCE DU LYS 

Située à proximité de la source du Dôme, sur la commune d’Abrest, sa découverte date de 1900. Cette source est forée à une profondeur de 155 m. Sa température est de 60°C. Comme pour la source du Dôme, on constate à son émergence des concrétions calcaires. Son utilisation est identique à celle de la source du Dôme. 

SOURCE BOUSSANGE 

Cette source doit son nom au propriétaire du terrain sur lequel elle a été découverte en 1901 par un forage à 252 mètres. Son captage est situé sur la commune de Bellerive-sur-Allier. Sa température est de 41°C. L’eau de la source Boussange est riche en gaz carbonique. Son exploitation est industrielle, elle alimente les établissements thermaux pour les soins : piscine d’eau thermale, massage sous eau, bain bouillonnant, douche, etc. 

SOURCE ANTOINE 

Obtenue par forage en 1991 sur le territoire d’Hauterive à l’occasion de la rénovation et l’extension de l’offre thermale de la station. Elle jaillit à une température de 75°C. Son exploitation est industrielle, elle alimente les établissements thermaux pour les soins. 

Visites

Différentes thématiques de parcours libres ou guidés sont proposées
par l’Office de Tourisme de Vichy 

Quelques suggestions de visites guidées 

■ Histoires d’eaux, Vichy : 2000 ans de thermalisme 

■ Palaces et grands hôtels de Vichy 

■ Vichy, art déco 

■ Belles villas, architectures de villégiatures 1850 – 1930 

■ Second empire, belle époque, âge d’or de Vichy 

Pour en savoir plus sur les programmes et parcours de visites : 

www.vichy-destinations.f r/ les-visites-guidees/ 

www.vichy-destinations.f r/ les-parcours-libres/circuit-autour-lac/ 

Soins et bien-être thermal 

Les Thermes de Vichy proposent non seulement des programmes de cure sur prescription médicale pour bénéficier des vertus thérapeutiques des eaux jaillissant des sources de Vichy, mais parallèlement, le Vichy Célestins Spa offre une palette de soins bien-être (balnéothérapie, enveloppements, etc) destinés à tous. 

https: //www.thermes-de-vichy.f r/ 

D’où vient le motif Vichy ? 

Au XIXe siècle, l’industrie textile est en plein essor en France. À la cour et dans la bonne société, on porte des habits avec de longs tissus qui font marcher cette industrie naissante. Napoléon III encourage ce développement et ne rate pas une occasion de visiter les usines et manufactures à chacun de ses déplacements. 

En 1863, il profite de son séjour à Vichy pour visiter la filature des Grivats, située à Cusset. 

La filature produit depuis une quarantaine d’années de la toile de coton à rayures. 

L’Impératrice Eugénie et ses dames de la cour tombent amoureuses de ce tissu et en remplissent leurs malles. Les « élégantes » lancent la mode, en France et à l’étranger. C’est de la que vient l’expression répandue à Vichy : il fallait être vu en « vichy » à rayures lilas et blanc ou rose et jonquille.
En fait, les carreaux du vichy ne seraient apparus qu’au début du XXe siècle… et mis sous les projecteurs par Brigitte Bardot. 

Qu’y a -t-il dans une pastille Vichy ? 

Inventée par en 1825 un chimiste français, Jean-Pierre-Joseph D’Arcet, la pastille était d’abord un médicament, car elle concentrait tous les bienfaits de l’eau thermale de Vichy, située au cœur de l’Auvergne. C’est en 1856 qu’elle prend sa forme octogonale si reconnaissable. 

Depuis sa création, sa formule est restée inchangée : on prélève de l’eau thermale des sources du bassin de Vichy, on la fait évaporer pour récupérer ses sels minéraux, et on les mélange à du sucre et un arôme naturel. Et c’est tout. Chaque pastille 

de confiserie contient 2,5g de ces sels minéraux, ayant des propriétés digestives et toniques bonnes pour la santé. 

La Maison Moinet est l’un des deux derniers fabricants.
4, rue de la Source-de-l’Hôpital.
Tél : 04 70 32 31 77. 

Alambret Communication 

Emilie Boissonnade 

Agence Géraldine Musnier 

Géraldine Musnier 

Pas de commentaires

Ajouter un commentaire

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.